Sophie, sage-femme à Lyon, passionnée par son métier, témoigne

Sophie, sage-femme à Lyon, passionnée par son métier, témoigne

Sophie est sage-femme en maternité, à Lyon. Elle considère que c’est le plus beau métier du monde. Sophie vit un quotidien magnifique avec l’arrivée des bébés mais derrière ces moments incroyables, il y a la réalité. Le manque de moyen, le manque de considération sont de plus en plus marqués. Le patriarcat n’est pas adapté à l’accouchement et empêche l’avancée de ce domaine. Sophie aborde aussi le manque de confiance des jeunes mamans pendant l’accouchement mais surtout : après ! Ce fameux post-partum qui peut vite gâcher la joie d’avoir un bébé. Bonne lecture…


Pourquoi devenir sage-femme en maternité ?

Qui es-tu ?

Je m’appelle Sophie, j’ai 36 ans, je suis mariée sans enfant, nous habitons la campagne lyonnaise et je travaille dans une maternité niveau III à Lyon.

J’adore danser, lire, les feux de cheminée, le champagne, voyager, mon mari, mes chats, mes nièces et la Guadeloupe (pas forcément dans le bon ordre !). Je suis une rêveuse qui adore rire et sourire, spontanée, gentille mais parfois aussi control freak voire « pénible »… !

Oui je pense que c’est le plus beau métier du monde

Quel est ton parcours d’études et professionnel ?

Après un Bac S, j’ai commencé des études de médecine. J’ai fini mon internat de chirurgie générale à défaut de l’internat d’obstétrique. Suite à mon internat, je me suis reconvertis en maïeutique (études de sage femme) par une passerelle (dossier + entretien). J’aime les études !

Pourquoi avoir voulu devenir sage femme ?

J’ADORE l’obstétrique, la grossesse, la naissance, l’accompagnement à la parentalité, la vie, l’innocence du nouveau né. Oui je pense que c’est le plus beau métier du monde.

Quel est la réalité du quotidien d’une sage femme ?

Avec cette société patriarcale, on en bave


Que ressens-tu à chaque accouchement ? Comment gères tu les mauvais moments ?

De l’émerveillement, du bonheur, de la joie, des étoiles dans les yeux, des poussées d’adrénaline et des gouttes de sueur aussi.

Je gère car c’est mon métier, c’est mon rôle d’accompagner les parents, et l’enfant, je suis également là pour lui. Savoir se positionner, dire les mots attendus, se remettre en question, ne pas juger. Il faut beaucoup de l’empathie et de la bienveillance, savoir entourer tout en restant à sa juste place.

C’est aussi la vie et je sais qu’elle est aussi cruelle que belle

Parle nous du manque de moyens ou de considération pour les sage femme ?

Je te renvois à la grève en cours ! Nous sommes prises pour des idiotes parce que nous sommes des femmes ! Ca c’est mon coté féministe qui parle. Il y a quelques siècles, les hommes (docteurs) nous ont prises sous leurs coupes et depuis avec cette société patriarcale, on en bave. Le monde (la politique, les hautes instances) se soucie peu de la maternité, ça concerne des femmes (les patientes) et ça ne rapporte pas d’argent !


Souhaites-tu travailler en maternité toute ta vie professionnelle ou voudras-tu ouvrir ton cabinet ?

Pour le moment j’aime tellement la salle d’accouchement, que oui je souhaite rester en maternité, peut être plus tard en libéral mais ce n’est pas un but en soi.

Les femmes qui accouchent, doivent se faire plus confiance

Elles se font peu confiance, et il y a une pression sociétale de dingue

Que penses-tu des préparations à l’accouchement et du suivi de grossesse ? Est-ce assez ?

Les préparations et les suivis sont très biens ! Le problème c’est qu’une fois que les femmes ont accouché, elles ont oublié tout « l’après » : le post partum, elles sont perdues. Elles se font peu confiance, et il y a une pression sociétale de dingue ! Les jeunes mamans laissent peu de place à l’instinct, au naturel pour ce 4ème trimestre alors qu’elles parlent de physio pendant la grossesse. Les post partum sont très, très durs à vivre pour les mères (et donc aussi les pères).

As-tu des astuces pour la future maman lors de son accouchement ? Positions ? Exercices ? 

Se préparer, s’écouter, se mettre dans sa bulle. Travailler en amont l’accouchement avec le partenaire car en réalité, il/elle AIDE énormément. Faites vous confiance et ne perdez pas de vue votre objectif : la naissance, le bébé, le devenir parent, la famille. Il faut comprendre que vous êtes en train de vivre un moment ordinaire mais en fait : extraordinaire !