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Aurélie & Camille : PMA, pré éclampsie et bébé prématuré - Partie 3

Aurélie & Camille : PMA, pré éclampsie et bébé prématuré - Partie 3

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Bienvenue dans la 3eme et derniĂšre partie du tĂ©moignage d’AurĂ©lie. Sa grossesse et son accouchement furent Ă©prouvants malgrĂ© le bonheur. AurĂ©lie a suivi un parcours PMA, puis 9 mois compliquĂ©s. Elle met au monde la petite Camille, un bĂ©bĂ© prĂ©maturĂ© plein de forces et de courage ! Dans ce nouvel article, dĂ©couvrez comment s’est passĂ© le sĂ©jour Ă  l’hĂŽpital de Camille en tant que bĂ©bĂ© prĂ©maturĂ©. Une nouvelle Ă©preuve qu’elle rĂ©ussit haut la main. Et c’est avec beaucoup d’émotions, qu’AurĂ©lie rentre enfin avec Camille Ă  la maison. Bonne lecture



Comment ça se passe un bĂ©bĂ© prĂ©maturé ?

elle rĂąlait beaucoup, elle arrachait les fils ou les emmĂȘlait

Par la suite, tout fut rythmĂ© autour de ma Camille et j’étais confiante, pleine de bonheur. Pourtant elle Ă©tait si petite, si fragile, elle avait besoin de petites lunettes d’oxygĂšne pour l’aider Ă  respirer. Mais tellement pleine de vie, elle rĂąlait beaucoup, elle arrachait les fils ou les emmĂȘlait. Les infirmiĂšres ont tout de suite dit qu’elle Ă©tait trĂšs active. J’ai pu tirer mon lait et donc elle a pu ĂȘtre alimentĂ©e par sonde gastrique avec mon lait. DĂšs que je me levais, je me lavais et j’allais la voir le matin. J’ai pu faire les gestes de toilettes. Mon conjoint a bĂ©nĂ©ficiĂ© du congĂ© paternitĂ© et d’hospitalisation du nouveau-nĂ©. Il a pu avoir en tout 1 mois. Les aprĂšs-midis c’était notre moment peau Ă  peau avec ma fille. Je pouvais rester 3 Ă  5 h contre elle et je me sentais bien. Et lĂ  elle Ă©tait calme et paisible.

Mon conjoint n’était pas Ă  l’aise avec la peau Ă  peau et prĂ©fĂ©rait faire ses soins ou des petites caresses depuis le hublot de sa couveuse. DĂšs qu’il Ă©tait lĂ  elle lui prenait le doigt. Alors qu’elle ne l’a jamais fait avec moi. C’était marrant, c’était leur truc Ă  eux. J’ai pu rester 9 jours Ă  l’hĂŽpital pour ĂȘtre prĂšs de Camille, pouvoir la voir dĂšs le matin, y retourner pour le peau Ă  peau l’aprĂšs midi et le soir avant de dormir.

je laissais le papa car ils avaient besoin d’un lien, c’était primordial

Elle nous a fait des petites frayeurs avec des « bĂȘtises » (c’est le terme pour parler quand il y a des problĂšmes de bradycardies, ralentissement des battements du cƓur et une dĂ©saturation) et deux belles frayeurs avec des arrĂȘts respiratoires malgrĂ© les lunettes mais sinon une vrai battante. Elle est restĂ©e 2 mois au service nĂ©onat en tout. Tout cela en plein COVID et confinement.

A la fin les rĂšgles Ă©taient que seul un parent pouvait venir par jour. Comme je faisais le peau Ă  peau et que je voulais essayer d’allaiter directement ce fut moi qui y allais quotidiennement. Une fois dans la semaine je laissais le papa car ils avaient besoin d’un lien, c’était primordial.

Chaque Ă©tape est importante : celle oĂč elle n’a plus de cathĂ©ter et peut enfin prendre un bain, celle oĂč elle commence Ă  prendre le biberon, celle oĂč elle a commencĂ© Ă  ĂȘtre attirĂ© par l’odeur du lait et venir directement Ă  mon sein lors d’un peau Ă  peau.

L’unitĂ© Kangourou, une belle initiative pour les bĂ©bĂ©s prĂ©maturĂ©s

Deux semaines avant sa sortie pour la maison, Camille a bĂ©nĂ©ficiait de l’unitĂ© kangourou. C’est un service oĂč l’enfant est en berceau, enfin habillĂ© car il est capable de rĂ©guler sa tempĂ©rature (jusqu’ici c â€˜Ă©tait en couveuse), il n’a plus de fil pour suivre sa saturation, tous ces bips. C’est comme si l’enfant est Ă  la maison.

La chambre bĂ©nĂ©ficie d’une autre chambre juxtaposĂ©e pour les parents pour apprendre Ă  s’occuper de son bĂ©bĂ© 24/24h, donner ses soins. Camille prenait le biberon ou le sein mais se fatiguait vite et donc avait toujours une sonde pour l’alimenter, pour complĂ©ter ce qu’elle n’avait pas pris et ce dont elle avait besoin. Ce sas avant de rentrer Ă  la maison est nĂ©cessaire car on attend avec impatience ce moment mais on a peur car plus de bip pour nous dire si le bĂ©bĂ© dĂ©sature ou son battement ralenti. Il faut vivre sans ses bips que l’on ne voulait pas mais qui rassuraient.

De toute maniĂšre ce passage se fait lorsque le bĂ©bĂ© ne fait plus de « bĂȘtises » depuis plusieurs semaines et est capable de respirer seul.

Le retour Ă  la maison aprĂšs une grossesse Ă©prouvante

Camille n’était pas encore autonome pour s’alimenter

Et puis le jour arrive oĂč enfin on part du service. Quel moment ! J’ai conduit seule ma fille en voiture jusqu’à chez nous. Je n’arrĂȘtais pas de lui parler. Son papa m’attendait Ă  la maison et avait prĂ©parĂ© un repas de fĂȘte. Ce moment fut trĂšs riche en Ă©motion. Camille Ă©tait sortie mais avait une hospitalisation Ă  domicile avec une infirmiĂšre qui passait une fois par jour car Camille n’était pas encore autonome pour s’alimenter et avait toujours une sonde naso- gastrique et pour vĂ©rifier sa prise de poids. A sa sortie de nĂ©onat Camille faisait 2186 kg et 43 cm. Un tout petit bĂ©bĂ©.

Le retour Ă  la maison fut difficile, on avait du mal Ă  gĂ©rer la sonde et devoir complĂ©ter Ă  la seringue comme si on la « gavait ». Et puis elle pleurait Ă©normĂ©ment. Elle vomissait des jets aprĂšs avoir fait le « gavage ». Au bout de 15 jours aprĂšs son retour nous avons rencontrĂ© le pĂ©diatre. Il a assistĂ© Ă  un vomi et m’a indiquĂ© qu’elle souffrait d’un RGO. Ce Reflux Gastro Ɠsophagien (RGO) fut trĂšs compliquĂ©. Chaque repas entrainait des douleurs, elle n’arrivait pas Ă  dormir plus de 30 min d’affilĂ©s que ce soit la journĂ©e ou la nuit. L’impression qu’elle mastiquait toute la journĂ©e mais en fait c’était les reflux qui remontaient qu’elle avalait. Elle n’était plus apaisĂ©e qu’en Ă©tant sur moi (position droite). La nuit on Ă©tait arrivĂ© au point oĂč elle dormait sur moi sur ma poitrine et moi je dormais assise afin qu’elle reste droite. Dans la journĂ©e nous Ă©tions toujours en portage. Le portage nous a sauvĂ© ainsi que la pĂ©diatre qui a donnĂ© un traitement assez fort mais nĂ©cessaire.

Ce fut vraiment le RGO qui fut trĂšs difficile Ă  vivre pour nous. En plus on se sentait isolĂ© en plein confinement et loin de ma famille. Puis fin mai fin de l’HAD et j’ai eu une dĂ©rogation du mĂ©decin et l’acceptation de la gendarmerie pour aller au-delĂ  des 100 km autorisĂ©s dans le cadre du confinement. J’ai pu ainsi passer 10 jours chez mes parents. Ils ont pu m’épauler, mon frĂšre et sa famille ont pu faire la rencontre de notre bĂ©bĂ© warrior. Des moments trĂšs importants, ressourçant et qui ont fait du bien.

La reprise du travail beaucoup trop tĂŽt pour une jeune maman

Cela ne s’est pas trĂšs bien passĂ© avec la nounou que nous avions choisie

J’ai repris le travail fin aout, Camille avait 6 mois. J’avais besoin de reprendre le travail. J’aurai prĂ©fĂ©rĂ© reprendre Ă  temps partiel mais la rĂ©partition du temps partiel qui m’a Ă©tĂ© accordĂ© ne me convenait pas (je n’étais pas autorisĂ© Ă  prendre un jour entier par semaine). Je commençais un nouveau poste car pendant mon congĂ© maternitĂ© il y a une restructuration de mon service.

Camille commençait tout juste Ă  avoir moins de RGO mais dormait toujours aussi mal et peu. A 6 mois c’était comme si elle n’avait que 4 mois. Elle mangeait peu mais toutes les 3h et n’était qu’au biberon. Il y avait tout de mĂȘme beaucoup d’amĂ©lioration. Elle faisait 49 cm et 4 kg. On aurait dit un tout nouveau-nĂ©. C’était assez dĂ©routant. Cela ne s’est pas trĂšs bien passĂ© avec la nounou que nous avions choisie. Elle n’écoutait pas le rythme de Camille qui n’était pas encore calĂ©. Nous avons eu la chance d’avoir une place en MAM et en crĂšche par la suite. Et lĂ  les auxiliaires de puĂ©riculture ont Ă©tĂ© top. Camille a eu une super Ă©volution.

certaines Ă©tapes se sont faites plus tard que certains enfants de son Ăąge

Camille a toujours Ă©tĂ© tonique, pleine de vie, attachante. La premiĂšre annĂ©e fut tout de mĂȘme difficile mĂȘme jusqu’à ses 18 mois mais elle a Ă©tĂ© trĂšs bien suivie par la pĂ©diatre et le rĂ©seau des enfants prĂ©maturĂ©s. Elle a pu ainsi bĂ©nĂ©ficier de sĂ©ance de kinĂ© (pour l’acquisition de la position assise, celle debout et la marche) ainsi que de sĂ©ances d’orthophonistes car elle n’arrivait pas dĂ©glutir ou difficilement. Ainsi certaines Ă©tapes se sont faites plus tard que certains enfants de son Ăąge mais rien d’alarmant. Et une fois lancĂ©e on ne l’arrĂȘte plus. Suite Ă  des otites Ă  rĂ©pĂ©tions (11 otites en 6 mois) elle a pu avoir aussi aĂ©rateurs aux oreilles. Ça n’a pas Ă©tĂ© simple car elle faisait moins de 10 kg et donc seul un ORL d’un Centre Hospitalier Universitaire pouvait faire cette opĂ©ration.

Quelles sont les sĂ©quelles pour un bĂ©bĂ© prĂ©maturé ?

C’est une petite fille dĂ©terminĂ©e, elle sait ce qu’elle veut, du caractĂšre

Aujourd’hui c’est une petite fille de 2 ans et demi. Elle n’a eu aucune sĂ©quelle de sa prĂ©maturitĂ©. Elle est toujours en dessous de la courbe pour sa taille et son poids (aujourd’hui elle fait 82 cm et 9 kg) mais au niveau psychomoteur, langage, etc
 elle n’a aucun retard bien au contraire. Elle gĂšre beaucoup mieux les RGO (la position debout aide) et n’a plus de mĂ©dicament. Et depuis l’opĂ©ration des oreilles elle est beaucoup moins malade.

C’est une petite fille dĂ©terminĂ©e, elle sait ce qu’elle veut, du caractĂšre. Je me dis que c’est grĂące Ă  ça qu’elle est lĂ  aujourd’hui. C’est notre bĂ©bĂ© warrior, notre petite fille bonheur, pĂ©tillante. Je suis vraiment comblĂ©e d’ĂȘtre sa maman. C’est un bonheur d’ĂȘtre maman mĂȘme si ce n’est pas tous les jours un rĂŽle facile mais on apprend tous les jours et on s’amĂ©liore tous les jours.

je veux apporter de l’espoir et surtout Ă©coutez votre instinct

Je sais que j’ai eu beaucoup de chance et que j’ai Ă©tĂ© bien Ă©tĂ© entourĂ©e par le corps mĂ©dical, mais ce tĂ©moignage est pour tous ceux qui vivent une de ses Ă©tapes difficiles (PMA, grossesse difficile avec un RCIU, prĂ©maturitĂ©, bĂ©bĂ© qui a un RGO), je veux apporter de l’espoir et surtout Ă©coutez votre instinct. Le RGO il faut accompagner au mieux le bĂ©bĂ© dans cette douleur et souvent c’est lorsque la position assise ou debout est acquise que ça va beaucoup mieux pour lui. Ne pas hĂ©siter Ă  insister auprĂšs du corps mĂ©dical qui pense que ce sont des petites rĂ©gurgitations. Non si votre bĂ©bĂ© dort peu, toujours le gout du vomi dans la bouche, il est toujours en train de mĂącher, vomi des grands jets c’est bien un RGO et des mĂ©dicaments soulagent, le portage Ă©galement soulage.

Lorsque je vivais des Ă©tapes difficiles j’étais en recherche de tĂ©moignages et je voulais voir comment cela s’était passĂ© par la suite pour ces personnes. J’ai mĂȘme pris contact avec une amie d’enfance sur Facebook qui avait eu un bĂ©bĂ© prĂ©ma pour savoir comment elle l’avait gĂ©rĂ© et le recul qu’elle avait 8 ans aprĂšs cette naissance prĂ©maturĂ©e. Ça m’a fait du bien d’échanger avec elle.

Aujourd’hui j’ai accompagnĂ© trois mamans Ă  distance qui ont vĂ©cu une naissance prĂ©maturĂ©e et qui ont eu besoin d’échanger. Donc merci bulle.de.maman de prĂ©voir les tĂ©moignages sur le site que tu as crĂ©Ă© pour les femmes, les mamans. Et c’est un honneur de pouvoir tĂ©moigner et raconter l’histoire de mon bĂ©bĂ© warrior.

Merci Aurélie pour ton expérience, tu es précieuse, prend soin de toi et de Camille <3