Maman Blues, 1 association pour jeunes mamans en recherche de soutien

Maman Blues, 1 association pour jeunes mamans en recherche de soutien

Devenir maman est une étape bouleversante pour beaucoup de femmes. La grossesse, l’accouchement puis enfin le post-partum, ces 3 étapes sont de véritables marathons. Nous vivons la matrescence : notre corps et notre cerveau se modifient. La société nous explique que nous devons être heureuse, épanouie, au top de notre forme. Et pourtant nous sommes si nombreuses a éprouvé des difficultés, le manque de sommeil, des tempêtes émotionnelles. Comment gérer tous ces sentiments ? Comment ne pas sombrer ? La merveilleuse association, Maman Blues, rompt l’isolement, libère la parole, accompagne les jeunes mamans avec bienveillance et douceur. Découvrez Maman Blues, un soutien incroyable pour les jeunes mères et pères.


Une association qui voit le jour suite à une expérience personnelle

Il était crucial que la parole se libère et que l’écoute soit à la hauteur de la demande 

Quand, comment, pourquoi est née l’association Maman Blues ?

Maman Blues est née il y a plus d’une décennie. 

Nadège Beauvois Temple, elle-même embarquée dans le tsunami de la difficulté maternelle et d’un effondrement conséquent à la naissance de sa fille, a souhaité en 2004 créer un espace de paroles virtuel. C’est ainsi que sont nés le site et le forum. L’objectif principal était d’avoir un lieu où poser, déposer ce que chacune pouvait traverser en portant la vie, en la donnant. Il était crucial que la parole se libère et que l’écoute soit à la hauteur de la demande. 

En 2006, c’est l’association qui a vu le jour. C’est ainsi que des femmes ont eu l’envie de donner de leur temps localement en s’investissant en tant que bénévoles. 

Aujourd’hui, l’association compte 58 référentes locales œuvrant chacune à leur échelle pour une meilleure connaissance de la difficulté maternelle et une prise en charge adaptée aux problématiques périnatales. Nous sommes implantées sur un certain nombre de départements en France et nous sommes aussi présentes sur la Suisse, la Belgique et l’Allemagne. 

La difficulté maternelle n’a pas de frontières et il arrive assez régulièrement que nous ayons des contacts de femmes expatriées en recherche d’aide et de soutien.

Sur le forum, nous avons également trois modératrices qui donnent de leur temps pour accueillir les nouvelles inscrites et répondre aux différents post de chacune. 

Enfin notre bureau compte 5 membres : Cécile Croquin, Constance Martin, Elise Marcende, Marinette Ardouin et Aurélie Pechery-Péri.

Nous leur redonnons confiance et nous témoignons auprès d’elles d’un après doux et serein 


Que propose Maman Blues ? A qui s’adresse cette association ?

Maman Blues propose un espace virtuel écrit à travers le forum. 

Nous organisons des groupes de paroles en présentiel et/ou en visio. 

Depuis le 1er confinement, nos temps d’échanges en distanciel sont ouverts à toutes, sur la France entière et les pays francophones. Les femmes peuvent s’inscrire à n’importe lequel des groupes même si elles résident à des centaines de kilomètres. Rompre l’isolement, se rendre compte que la difficulté maternelle touche un grand nombre, parler souvent pour la première fois ce que l’on vit sont les objectifs de ces moments de partages. 

Nous avons à cœur d’apporter une écoute de première ligne. Les femmes osent franchir le pas. Elles ont besoin d’une réponse rapidement car elles sont souvent dans un état de grande souffrance requérant une prise en charge rapide et régulière. 

C’est pourquoi, grâce à un répertoire constitué depuis le tout début, nous orientons les femmes vers des professionnels et/ou structures où elles pourront entamer un suivi leur permettant de sortir du tunnel et de se retrouver en tant que femme, mère. Le premier pas est la plupart du temps le plus difficile à faire mais les retours chaleureux des femmes nous montrent combien c’est précieux d’accepter le soutien étayant d’un ou plusieurs professionnels. L’errance médicale de certaines peut durer plusieurs mois et elles éprouvent un tel désarroi qu’elles ont la sensation que rien ne sera plus jamais possible. Nous leur redonnons confiance et nous témoignons auprès d’elles d’un après doux et serein. 

Nous nous adressons majoritairement aux femmes mais il arrive que des hommes nous contactent pour leur propre difficulté à entrer dans l’identité de parent. Nous leur apportons l’écoute et l’orientation nécessaire pour qu’ils puissent eux aussi appréhender pleinement ce qui se joue dans leur devenir père.

Prendre soin des jeunes mamans en post-partum pour des mois plus sereins

Il est véhiculé dans les médias que la maternité ne prodigue que bonheur et joie


Que faire en tant que jeune maman qui ne va pas bien ?
Que faire si une jeune maman ne va pas bien dans notre entourage ?

Libérer la parole nous semble la première étape pour s’en sortir. 

Chacune ayant la sensation d’être un cas unique, à part, se terre généralement dans le silence de peur des jugements. Il est véhiculé dans les médias que la maternité ne prodigue que bonheur et joie. Alors il est de bon ton de sourire et de ne pas trop se plaindre. C’est ainsi que des situations s’enkystent. Nous sommes toujours tellement peinées d’accueillir une femme au fond du fond alors qu’elle aurait pu avoir sur son chemin le bon interlocuteur. Malheureusement l’information et les ressources sont encore trop restreintes. 

Les parents sont obligés de rechercher par eux-mêmes des pistes de prises en charge. 

Nous invitons les femmes à s’adresser à un professionnel de santé, à un proche en qui elles ont toutes confiance et qui saura prendre le temps d’entendre. 

L’entourage peut être le signal d’alerte dans le sens où ce dernier peut se rendre compte, parfois bien plus tôt que la femme elle-même, qu’il y a une souffrance psychique. Le but de l’entourage ne sera pas de poser des phrases toutes faites, des conseils non avisés mais d’accueillir les paroles, de définir avec la femme ses besoins, de savoir proposer son soutien quand ce dernier est demandé. Être l’épaule dont manque la femme dans cette période de vulnérabilité. 

la difficulté maternelle peut toucher toute femme quelque soit son milieu, son âge, sa situation


Pourquoi et quand une maman peut s’effondrer ? Quels sont les signes à guetter ?

La difficulté maternelle est multifactorielle. 

Ce que nous notons au sein de Maman Blues, c’est que les femmes sont prises en charge précocement quand elles présentent des facteurs aggravants qui pourraient conduire à une décompensation, à un effondrement, à des troubles de l’attachement. Le fait par exemple qu’elles souffrent d’une pathologie psychiatrique allume de suite les radars des professionnels du champ périnatal. C’est une excellente chose mais nous déplorons que ces radars ne soient pas systématiquement en route dès qu’une femme projette la conception d’un enfant. 

Il est possible de cocher de nombreuses cases de facteurs de vulnérabilité psychique et pour autant ne pas s’écrouler. Avoir en tête que la difficulté maternelle peut toucher toute femme quelque soit son milieu, son âge, sa situation est une priorité pour ne plus laisser des femmes repartir chez elles alors qu’elles montrent déjà des signes d’effondrement.  

Voici une liste non exhaustive des principaux facteurs qui peuvent mener à l’effondrement :

Des facteurs de vulnérabilités psychiques :

-Antécédents de troubles psychiatriques personnels ou familiaux
-Antécédents d’abus ou de maltraitance dans l’enfance
-Âge (grossesse à l’adolescence ou grossesse tardive)
-Mère célibataire/difficultés conjugales/grossesse non désirée
-Précarité socioéconomique/isolement affectif : liens conflictuels mère/fille, père en déplacement, père absent ou décédé, perte d’un proche (mère ou père de la femme enceinte) durant la grossesse

Des facteurs culturels :

-Femmes primoarrivantes
-Déménagement ou éloignement familial
-La monoparentalité

Des facteurs gynécologiques et obstétricaux :

Primiparité
Décès d’un enfant précédent, perte fœtale (Grossesse Extra-Utérine, Fausse Couche, Mort Intra Utero)
Malformation ou pathologie fœtale, prématurité
CĂ©sarienne
Accouchement traumatique
Diabète Gestationnel (suivant de très récentes études)
Gémellité

En observant la femme, on peut détecter des signes d’effondrement. 

Les troubles du sommeil sont très présents. Ce qui est complexe, c’est que tout à chacun a tendance a mettre cela sur le compte d’une grossesse difficile, de la grossesse tout simplement, de l’accouchement, du rythme du bébé. Mais l’impossibilité de trouver le sommeil, de se rendormir que l’on peut coupler avec une hypervigilance accrue doit alerter. Quand le bébé naît, la mère est en éveil, prête pour répondre aux besoins du bébé. Mais pour celles pour qui cette hypervigilance s’installe, leur porter une attention particulière est crucial. Le sommeil comme le manque d’appétit ou l’incapacité à se nourrir sont les premiers signes d’une souffrance. 

La difficulté à prendre des décisions, les difficultés de concentration sont également des alertes à ne pas négliger. A cela peut s’ajouter la peur des pleurs et des cris du bébé. La femme peut se retrouver totalement paralysée et ne pas parvenir à s’occuper de son enfant.

Il faut garder en tête qu’une femme peut s’effondrer à tout moment. 

Parfois c’est rapide. Parfois c’est insidieux. 

Ne pas hésiter à dire mais aussi à interroger dans l’objectif de soutenir !

DĂ©couvrez la nouvelle application 1000 premiers jours avec 4 objectifs

cette application permettra moins d’errance, plus de soutien et de prises en charge


Vous avez collaboré avec la nouvelle application "1000 premiers jours". Pouvez vous nous dire ce que propose cette application et votre rôle dans ce beau projet ?

Cette application mobile est pensée comme le compagnon des 1 000 premiers jours du nouveau-né. Elle est construite autour de 4 piliers qui répondent aux 4 objectifs fixés : 

Nous avons collaboré à la construction du parcours du passage de l’EPDS. 

Le parent a la possibilité de passer directement sur l’application un questionnaire pour mettre des mots sur ces ressentis. L’objectif n’est pas de diagnostiquer la dépression du post-partum. Le parent est d’ailleurs invité à remplir cette échelle en présence d’un professionnel ou en amont d’un rendez-vous pour en échanger. C’est le soignant qui saura le plus à même de poser des mots sur les maux de son patient.

Lorsque le parent a finalisé ses réponses, plusieurs réponses sont possibles :

-On l’invite à repasser le questionnaire sous quatorze jours. 
-On l’incite à prendre rendez-vous avec son professionnel de santé de référence (sage-femme, médecin traitant, gynécologue, etc…)
-On lui propose d’être recontacté par Maman Blues. 

C’est là que nous intervenons en lui proposant une première écoute et des coordonnées en fonction de ses besoins. 

Nous espérons que cette application permettra moins d’errance, plus de soutien et de prises en charge et participera à faire baisser les chiffres de suicide maternel dans la première année de vie de l’enfant. 

Comment contacter l’association Maman Blues ?

Si vous êtes une jeune maman ou qu’une jeune maman dans votre entourage a besoin d’aide, c’est NORMAL. Il y aura toujours des personnes pour vous entendre, vous aider si besoin. Vous n’êtes pas seule. Vous pouvez joindre l’association Maman blues sur le site : Maman Blues - le site de la Difficulté maternelle - Accueil (maman-blues.fr) et pouvez aller directement sur le forum Maman Blues Forum - Page d’index (maman-blues.fr)

Le film documentaire "J’ai mal à ma maternité" pourra également vous intéresser : j’ai mal à ma maternité (j-ai-mal-a-ma-maternite.be)