Préparer son parcours PMA : quels nutriments privilégier avant une FIV ?
Se lancer dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) est une aventure aussi médicale qu’émotionnelle. Entre les rendez-vous, les traitements hormonaux et l’attente, chaque femme cherche naturellement à mettre toutes les chances de son côté. Si aucune stratégie ne peut garantir une réussite, la littérature scientifique s’intéresse de plus en plus au rôle de certains nutriments dans la qualité ovocytaire et les résultats des traitements de fertilité. Faisons le point, sources à l’appui, sur ce que l’on sait aujourd’hui.
Le parcours PMA, une aventure médicale et émotionnelle unique
Le parcours PMA regroupe plusieurs techniques médicales, choisies selon la situation de chaque patiente. L’insémination artificielle consiste à déposer les spermatozoïdes directement dans l’utérus au moment de l’ovulation. La fécondation in vitro (FIV) va plus loin : les ovocytes sont prélevés puis fécondés en laboratoire, avant qu’un ou plusieurs embryons soient transférés dans l’utérus. La FIV avec ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) est une variante utilisée notamment en cas d’infertilité masculine sévère, où un seul spermatozoïde est injecté directement dans l’ovocyte.
Quelle que soit la technique retenue, le parcours PMA s’étend souvent sur plusieurs mois, rythmé par les bilans, les traitements de stimulation ovarienne puis l’attente du test de grossesse. Cette période est exigeante, autant physiquement que psychologiquement. Le stress chronique, très présent dans ce contexte, peut lui-même influencer la biologie de la reproduction : une hausse du cortisol perturbe la production d’estradiol par les cellules folliculaires, ce qui peut altérer la qualité de l’ovocyte [1]. Prendre soin de son corps, y compris via l’alimentation et une micronutrition adaptée, fait donc partie des leviers que l’on peut activer en parallèle du suivi médical, sans jamais s’y substituer.
Pourquoi la nutrition compte avant une FIV ou une PMA
La qualité d’un ovocyte dépend de plusieurs facteurs, notamment l’intégrité de son ADN, la santé de ses mitochondries et l’environnement hormonal dans lequel il se développe [2]. Le liquide folliculaire, qui constitue le microenvironnement direct de l’ovocyte en maturation, joue également un rôle important dans ce processus [4]. La maturation de l’ovocyte s’étendant sur plusieurs mois, de nombreuses équipes de fertilité recommandent d’anticiper son hygiène de vie et sa supplémentation plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant le début d’un protocole de PMA.
Les nutriments étudiés pour soutenir la qualité ovocytaire
La coenzyme Q10, un antioxydant mitochondrial clé
La coenzyme Q10 (CoQ10) joue un rôle central dans la production d’énergie cellulaire au niveau des mitochondries, particulièrement nombreuses dans l’ovocyte. Or, les niveaux de CoQ10 diminuent avec l’âge, ce qui peut fragiliser la capacité de l’ovocyte à se développer normalement [3]. Une étude menée chez des femmes de 31 à 46 ans a montré qu’une supplémentation de 200 mg par jour de CoQ10 augmentait significativement sa concentration dans le liquide folliculaire, réduisait le stress oxydatif d’environ 29 % dans les follicules contenant des ovocytes immatures, et s’accompagnait d’un taux de fécondation plus élevé (88 % contre 74 % dans le groupe témoin), ainsi que d’une proportion plus importante d’embryons de haute qualité [4]. Une méta-analyse regroupant cinq essais randomisés a par ailleurs confirmé un effet positif de la supplémentation en CoQ10 sur les taux de grossesse clinique chez des femmes suivant un parcours de PMA [5].
Le myo-inositol, pour la maturation ovocytaire
Le myo-inositol est un composé qui intervient dans la signalisation de l’insuline et dans la maturation des ovocytes. Une étude en double aveugle menée chez des femmes infertiles suivant un parcours de FIV ou d’ICSI a montré qu’une supplémentation de 4 g par jour améliorait la qualité ovocytaire et embryonnaire, tout en augmentant la fréquence d’ovulation et les taux de grossesse [6]. Il est particulièrement étudié chez les femmes présentant un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une pathologie hormonale et métabolique fréquente, officiellement renommée en 2026 syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) afin de mieux refléter sa réalité clinique globale, au delà du seul aspect ovarien, où l’équilibre hormonal est souvent perturbé.
La vitamine D, associée à de meilleurs résultats en FIV
Une carence en vitamine D est fréquente, y compris chez les femmes suivant un parcours de PMA. Une méta-analyse regroupant plusieurs essais cliniques a conclu qu’une supplémentation en vitamine D était associée à de meilleurs résultats reproductifs chez les patientes infertiles [7]. Une autre étude a par ailleurs montré qu’un niveau satisfaisant de vitamine D était corrélé à de meilleurs résultats de FIV, un effet en partie médié par son action sur le système immunitaire [8].
Les oméga-3, pour la qualité des membranes ovocytaires
Les acides gras oméga-3, et en particulier le DHA, entrent dans la composition des membranes cellulaires, y compris celle de l’ovocyte. Une revue systématique portant sur des femmes suivant des techniques de procréation assistée a mis en évidence un lien entre un apport alimentaire suffisant en oméga-3 et une meilleure qualité ovocytaire [9]. Ce constat rejoint les résultats obtenus autour du régime méditerranéen, riche en poissons gras, huiles végétales, fruits, légumes et légumineuses, associé à un meilleur taux de réussite en FIV chez les femmes qui l’adoptent [10].
La NAC, le tryptophane et le zinc, un trio antioxydant et régulateur
D’autres nutriments sont également étudiés pour leur rôle dans la qualité ovocytaire. La N-acétyl-cystéine (NAC) est un précurseur du glutathion, un antioxydant intracellulaire qui protège l’ovocyte du stress oxydatif ; une carence en glutathion a par ailleurs été associée à un vieillissement ovarien prématuré [11]. Le tryptophane, un acide aminé essentiel, est le précurseur de la mélatonine : une étude a montré qu’une supplémentation de 100 mg par jour augmentait les niveaux de mélatonine dans le liquide folliculaire et s’accompagnait d’un nombre plus élevé d’ovocytes matures et fécondés [12]. Enfin, le zinc joue un rôle clé dans la maturation de l’ovocyte et contribue à une fertilité et une reproduction normales [13].
Ovo+, une formule concentrée pensée pour la qualité ovocytaire
Au-delà de ces nutriments, certains actifs ont été sélectionnés par Jolly Mama pour leur action complémentaire sur la qualité ovocytaire, à des doses directement issues de la littérature scientifique. C’est le cas d’Ovo+, formulé notamment autour de 300 mg de coenzyme Q10 par jour, une dose haute au regard des études scientifiques. De nombreux compléments du marché proposent en effet une CoQ10 dosée à seulement 50 ou 100 mg, loin des quantités étudiées pour un effet notable sur la qualité ovocytaire.
Ovo+ associe ainsi quatre actifs, coenzyme Q10, N-acétyl-cystéine, tryptophane et zinc, aux doses utilisées dans les études présentées ci-dessus (respectivement 300 mg, 600 mg, 100 mg et 5 mg par jour). Cette formule a été pensée pour être compatible avec un parcours de PMA, y compris en cas d’endométriose ou de SOPK (SMOP).
Le myo-inositol, la vitamine D et les oméga-3 restent quant à eux des nutriments à surveiller en parallèle, via l’alimentation ou une supplémentation dédiée, en fonction des besoins identifiés avec son médecin.
Bonnes pratiques complémentaires pour préparer son parcours PMA
Au delà de la nutrition, plusieurs leviers peuvent être activés en amont d’un protocole de PMA : une activité physique modérée et régulière (marche, yoga prénatal, natation), des techniques de gestion du stress comme la méditation ou la sophrologie, ainsi que la limitation du tabac, de l’alcool et de l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Un suivi médical régulier reste évidemment central pour adapter chaque décision à sa situation personnelle.
En conclusion
Préparer son parcours PMA ne se limite pas au protocole médical : l’alimentation et une micronutrition ciblée peuvent constituer un soutien concret, en complément du suivi de son équipe de fertilité. La coenzyme Q10, le myo-inositol, la vitamine D et les oméga-3 font partie des nutriments les mieux documentés à ce jour pour la qualité ovocytaire, à des doses précises issues d’études cliniques. Chaque parcours étant unique, il reste essentiel d’en parler avec son médecin avant toute supplémentation.
Sources
- [1] Impact of stress on oocyte quality and reproductive outcome, 2016.
- [2] The Role of Oocyte Quality in Explaining "Unexplained" Infertility, 2020.
- [3] Does Coenzyme Q10 Supplementation Improve Human Oocyte Quality?, 2021.
- [4] CoQ10 Supplementation in Patients Undergoing IVF-ET: The Relationship with Follicular Fluid Content and Oocyte Maturity, 2018.
- [5] Does coenzyme Q10 supplementation improve fertility outcomes in women undergoing assisted reproductive technology procedures? A systematic review and meta-analysis of randomized-controlled trials, 2020.
- [6] Myo-inositol effect on pregnancy outcomes in infertile women undergoing in vitro fertilization/intracytoplasmic sperm injection: A double-blind RCT, 2022.
- [7] Influence of Vitamin D supplementation on reproductive outcomes of infertile patients: a systematic review and meta-analysis, 2023.
- [8] Vitamin D Level Affects IVF Outcome Partially Mediated via Th/Tc Cell Ratio, 2018.
- [9] Omega-3 Fatty Acids Dietary Intake for Oocyte Quality in Women Undergoing Assisted Reproductive Techniques: A Systematic Review, 2022.
- [10] Adherence to the Mediterranean Diet and IVF Success Rate among Non-Obese Women Attempting Fertility, 2018.
- [11] Review on the role of glutathione on oxidative stress and infertility, 2018.
- [12] Effects of tryptophan, a precursor for melatonin, on IVF outcomes and Doppler parameters, 2020.
- [13] Role of zinc in female reproduction, 2021.