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Alexia & Elio : contrecoup et fatigue 6 semaines après l'accouchement

Alexia & Elio : contrecoup et fatigue 6 semaines aprĂšs l'accouchement

Publié le

Alexia est la maman d’Elio, son premier enfant. Confiante, elle se prĂ©pare assez simplement Ă  un accouchement physiologique. La naissance d’Elio devient compliquĂ© lorsque son petit coeur fait des siennes. Il faut alors accĂ©lĂ©rer et laisser de cĂŽtĂ© quelques souhaits. Mais bĂ©bĂ© est lĂ , en bonne santĂ©, c’est tout ce qui compte. Alexia expĂ©rimente l’allaitement, les visites Ă  domicile et vit son post-partum, un post-partum qui ne semble pas si difficile le premier mois. La fatigue et la reprise du travail par le papa rend pourtant moins simple les journĂ©es des jeunes mamans : tĂ©tĂ©e, change, dodo
 Alexia raconte en toute transparence sa maternitĂ©. Bonne lecture



Qui es-tu ?

Ton prĂ©nom : Alexia
Ton ñge actuel : 30 ans
Le prĂ©nom de ton enfant : Elio
L’ñge de ton enfant : 3 mois

Se sentir confiante et tomber enceinte naturellement et rapidement

Je sentais au fond de moi que c’était maintenant et j’étais confiante

Je suis tombĂ©e trĂšs rapidement enceinte de façon naturelle, dĂšs que j’ai enlevĂ© mon stĂ©rilet au cuivre que j’avais depuis 7 ans. Je l’ai enlevĂ© le 16 juillet et je suis tombĂ©e enceinte le 22 juillet environ ! La gynĂ©co m’avait en effet prescrit dĂšs le retrait du stĂ©rilet de l’acide folique que j’ai pris pendant plusieurs mois. Je n’étais pas franchement inquiĂšte. AprĂšs 15 ans de relation avec papa, nous Ă©tions plus que prĂȘts. Je sentais au fond de moi que c’était maintenant et j’étais confiante.

J’avais peu de doute car avec le stĂ©rilet je sentais dĂ©jĂ  l’ovulation

J’ai fait un test de grossesse dĂšs le 1er jour de retard de rĂšgle. J’avais peu de doute car avec le stĂ©rilet je sentais dĂ©jĂ  l’ovulation, et cette fois ci j’ai senti quelque chose de diffĂ©rent (fĂ©condation??) Mon coeur s’est mis Ă  battre Ă  100 Ă  l’heure, les larmes me sont montĂ©es aux yeux et j’avais une boule dans la gorge. Je suis allĂ©e acheter un deuxiĂšme test pour confirmer le rĂ©sultat. Papa Ă©tait au travail, je suis restĂ©e toute la journĂ©e sans pouvoir faire exploser ma joie. Je lui avais prĂ©parĂ© un petit carton avec plein de confettis et au milieu un petit sachet avec une graine de sĂ©same et un mot « papa, je ne suis pas plus grand que cette graine de sĂ©same mais je t’aime dĂ©jĂ  » Quand il est rentrĂ© je lui ai dit qu’il avait reçu un colis. Larmes et calins au programme.

Pour nos familles nous avions prĂ©vu diffĂ©rentes façon de l’annoncer : jeux Ă  gratter pour mes beaux parents, bouteille Ă©tiquetĂ©e « domaine des neufs mois, cuvĂ©e cigogne
 » pour mon pĂšre, livre « futurs grands parents » pour ma mĂšre, porte clef « et si je t’appelais tata » pour ma sƓur, des cartes postales pour les arriĂšres grands parents.

Pour nos amis nous avions ramassĂ© de jolis morceaux d’ardoise durant nos randonnĂ©es dans les Alpes (vacances fin aoĂ»t) Nous avions collĂ© un aimant et Ă©crit « bĂ©bĂ© est en route » . Nous leur avons offert le magnet en leur disant que c’était un souvenir de vacances.

Dans mon travail c’est assez particulier car je suis infirmiĂšre en service d’hĂ©matologie et je manipule des chimios toute la journĂ©e
 Proscrites dĂšs que l’on est enceinte ou allaitante bien sur. J’ai donc Ă©tĂ© obligĂ©e de le dire trĂšs trĂšs tĂŽt (dĂšs que j’ai eu le rĂ©sultat du test) Deux ou trois collĂšgues Ă©taient donc au courant, afin qu’elles puissent manipuler les chimios Ă  ma place en toute discrĂ©tion. AprĂšs l’écho du 1er trimestre j’ai envoyĂ© un message avec la photo sur le groupe messenger de l’équipe. Tout le monde Ă©tait trĂšs content. Il faut dire qu’on est une Ă©quipe de 20 infirmiĂšres d’une trentaine d’annĂ©e et les grossesses s’enchainent. On est tous trĂšs comprĂ©hensifs et arrangeants.

Vivre une grossesse de rĂȘve sans maux ni imprĂ©vus

J’ai pris lentement mais sĂ»rement 20kg je pense

J’ai eu une grossesse de rĂȘve ! Aucun maux
 tout juste barbouillĂ©e le premier mois (mais on ne peut pas parler de nausĂ©es, je n’ai jamais sautĂ© un repas
) Jamais de reflux, de constipation, de maux de dos, d’oedĂšme, de douleur quelconque, de saute d’humeur, d’insomnie. Quelques fois j’ai remarquĂ© que j’étais un peu plus Ă  fleur de peau que d’habitude, mais pas de lĂ  Ă  pleurer ou criser pour rien. J’ai continuĂ© Ă  faire du sport jusqu’au terme (fitness adaptĂ©, yoga, pilate, marche +++). J’ai pris lentement mais sĂ»rement 20kg je pense (j’ai arrĂȘte de me peser Ă  17kg!) mais j’avais de la marge (imc Ă  18 en dĂ©but de grossesse) Papa a gardĂ© son poids de base

J’ai Ă©tĂ© un peu dĂ©goĂ»tĂ©e du cafĂ© en dĂ©but de grossesse

Je n’ai pas eu d’envies particuliĂšres. J’ai Ă©tĂ© un peu dĂ©goĂ»tĂ©e du cafĂ© en dĂ©but de grossesse, alors que j’étais accro, donc j’en ai peu bu. J’ai bien fait attention aux aliments proscrits (lait cru, charcuteries, alcool, Ɠufs peu cuits
) ainsi qu’a bien laver mes cruditĂ©s car non immunisĂ©e contre la toxo

J’ai arrĂȘtĂ© de mettre quoique ce soit sur le teint

J’utilise dĂ©jĂ  des cosmĂ©tiques trĂšs basiques / bio / made in France
 J’ai essayĂ© d’utiliser le moins de produits possibles : eau micellaire pour le dĂ©maquillage, savon d’alep pour nettoyer le visage, crĂšme de jour bio Ă  base de miel, baume solide bio pour la nuit. Savon de marseille pour le corps et beurre de karitĂ© ou crĂšme hydratante bio. Shampooing liquide bio. J’ai arrĂȘtĂ© de mettre quoique ce soit sur le teint, et les produits contenant de huiles essentielles.

m’ont permis de cheminer dans mon projet d’accouchement physio

J’ai fait les 7 cours de prĂ©paration Ă  l’accouchement « classiques ». Papa n’a pas pu m’accompagner Ă  cause du covid. Etant dans le milieu mĂ©dical, je n’ai pas appris grand-chose, mais j’ai notĂ© quelques infos sur la chronologie de l’accouchement et quand partir Ă  la mater. Les sĂ©ances m’ont quand mĂȘme confortĂ© dans l’idĂ©e que nous sommes faites pour mettre au monde un enfant, et m’ont permis de cheminer dans mon projet d’accouchement physio. J’ai rajoutĂ© 2 sĂ©ances de sophrologie avec ma SF, mais le jour elles ne m’ont pas vraiment servies ! J’ai fait du sport toute ma grossesse : minimum 45 min de marche / jour + 1 sĂ©ance de fitness ou yoga ou pilate. Je n’ai pas voulu trop me renseigner sur l’accouchement, je voulais dĂ©couvrir par moi mĂȘme et ne pas partir avec des idĂ©es prĂ©conçues. J’ai du regarder 2 ou 3 vidĂ©os sur l’accouchement sans pĂ©ridurale (la maison des maternelles notamment) mais c’est tout. J’étais convaincue que je ferais surtout au feeling, pas trop besoin de thĂ©orie.

Le dernier mois j’ai pris 2 ou 3 tisanes de feuilles de framboisiers / jour, j’ai massĂ© mon pĂ©rinĂ©e avec l’huile Weleda et une amie m’avait donnĂ© un mĂ©lange d’homĂ©opathie que lui avait conseillĂ© sa SF pour prĂ©parer le col.

Un accouchement physiologique sans prĂ©paration intense, c’est possible

Papa a préparé les affaires, géré la garde du chien et nourri le chat

Le travail n’a pas vraiment commencĂ© Ă  la maison. J’ai perdu les eaux vers 3h du matin. Je m’attendais Ă  une quantitĂ© bien plus importante de liquide donc je ne savais pas trop si la poche Ă©tait rompue ou fissurĂ©e. J’avais quelques contractions tous les quart d’heure environ, mais dont la douleur Ă©tait tout Ă  fait supportable. Papa a prĂ©parĂ© les affaires, gĂ©rĂ© la garde du chien et nourri le chat pendant que je prenais une douche chaude. J’ai continuĂ© Ă  perdre du liquide pendant et aprĂšs la douche, mais pas une riviĂšre comme on peut le voir dans les films ! J’ai fait un peu de ballon en attendant que Papa checke tout et nous sommes partis Ă  la maternitĂ© vers 4h15. On Ă©tait plus excitĂ©s que stressĂ©s, l’accouchement en lui mĂȘme ne nous a jamais vraiment inquiĂ©tĂ© (Papa est aussi dans le milieu mĂ©dical, je sais qu’il aurait gĂ©rĂ© un accouchement inopinĂ©)

elle me dit que je risque d’avoir encore plus mal (vraiment?)

Nous sommes arrivĂ©s Ă  la maternitĂ© vers 4h30 (l’avantage Ă  cette heure ci c’est que ça roule bien!). Nous nous sommes garĂ©s devant les urgences. La secrĂ©taire nous a accueilli, fait les formalitĂ©s administratives et un aide soignant est venu nous chercher pour nous installĂ©s dans un box maternitĂ©. Une sage femme est venue m’auscultĂ©e, m’a confirmĂ© que j’avais rompu la poche mais que j’étais dilatĂ©e Ă  1. Elle m’a monitorĂ©e pendant une bonne demie heure. BĂ©bĂ© allait bien, j’avais des contractions toutes les 20 min
 L’infirmiĂšre nous a annoncĂ©e, gĂȘnĂ©e, qu’il ne restait que des chambres doubles, et qu’elle devait donc nous faire un test PCR, en avant donc pour un coton tige dans le nez Ă  5h du mat. Vers 7h, pas d’évolution, col Ă  1 et peu de contractions. On nous a apportĂ© des couvertures pour dormir un peu et mĂȘme un petit dej vers 9h. L’activitĂ© de la maternitĂ© le permettant, nous avons Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă  rester dans le box jusqu’à ce qu’une chambre simple se libĂšre. Nous avons eu l’autorisation de vadrouiller. Nous voilĂ  donc partis en ville, dans un parc, aux halles. Nous avons marchĂ© presque 2h et pris un (autre) petit dĂ©jeuner au soleil. Retour au box vers midi, on me sert un repas. Je suis dilatĂ©e Ă  2 et je me dis que ça va prendre une semaine ! Je passe tout mon temps Ă  marcher et rebondir sur le ballon.

Vers 14h on nous annonce qu’il y a une chambre pour nous ! Nous prenons nos quartiers. Le temps que Papa aille chercher les valises Ă  la voiture, le « vrai » travail a commencĂ© d’un coup. J’avais des contractions de plus en plus douloureuses et rapprochĂ©es (toutes les 3 minutes). La sage femme vient me voir : dilatĂ©e Ă  4 ! Elle me conseille une douche chaude sur le ballon. Papa et moi testons les positions apprises en prĂ©pa, mais bon, c’est bien ce qu’il me semblait, on va surtout faire au feeling. Je me mets dans ma bulle, je prends de grandes inspirations Ă  chaque contraction et j’entends la voix de Papa qui me « coache » Je suis somnolente entre chaque contractions avec une irrĂ©sistible envie de dormir. On nous transfĂšre rapidement en salle d’accouchement. La salle nature que j’avais demandĂ© est malheureusement occupĂ©e. Nous sommes donc dans une salle classique, froide et mĂ©dicalisĂ©e. Mais pas trop le temps d’y rĂ©flĂ©chir. Les contractions sont trĂšs intenses et j’ai l’impression de ne pas avoir de rĂ©pits. Je suis sur mon ballon, la SF me branche le monito mais dans cette position les sangles ne tiennent pas bien et on arrive pas a avoir un tracĂ© correct. Je suis dilatĂ©e Ă  7 et elle me dit que je risque d’avoir encore plus mal (vraiment?). Elle me demande de monter sur la table et place correctement le monito. AllongĂ©e sur le dos, Papa Ă  la tĂȘte du lit, je trouve finalement une position qui me convient en tractant ses bras Ă  chaque contraction. Il m’a dit aprĂšs coup que j’avais une force dĂ©cuplĂ©e !

Il arrive en mode « cowboy », shoote dans le ballon, et me dit « alors, Ă  l’ancienne ?! »

BĂ©bĂ© va bien mais a tendance Ă  bradycarder Ă  chaque contraction. Il « rĂ©cupĂšre » bien mais il ne faudrait pas que le travail dure trop longtemps
 D’un coup, une irrĂ©pressible envie de pousser. Papa appelle la sage femme, il me dit d’essayer d’attendre mais j’ai trop envie. Vite vite installation du champs, des instruments, je me mets en position gynĂ©co (j’avais dit que je verrais sur le coup pour la position, mais pas en Ă©tat de rĂ©flĂ©chir) Je suis Ă  dilatation complĂšte mais bĂ©bĂ© est encore haut. Pourtant il commence Ă  souffrir un peu. La SF fait venir le gynĂ©co pour avoir son avis, car elle dit qu’elle me sent capable de pousser bien que bĂ©bĂ© ne soit pas complĂštement engagĂ©. Il arrive en mode « cowboy », shoote dans le ballon, et me dit « alors, Ă  l’ancienne ?! » Je lui aurait bien fait mangĂ© les Ă©triers ! Bref, il donne son feu vert et je pousse de toute la force dont je suis capable. Papa est Ă  ma droite, l’aide soignante Ă  ma gauche, la SF et la gynĂ©co entre mes cuisses. Tous m’encourage, j’ai l’impression d’ĂȘtre une sportive avec ses supporters ! MĂȘme le gynĂ©co s’est radoucit et me dit que je fais un travail gĂ©nial car Ă  chaque poussĂ©e bĂ©bĂ© descend beaucoup. Je sais qu’il est en train de souffrir, j’entends son coeur qui ralenti sur le scope derriĂšre moi et il ne faut pas trainer. A ce moment je ne pense qu’à lui. La douleur est atroce, j’ai l’impression qu’on m’ouvre le corps en deux avec un couteau, mais peu importe, il doit sortir et vite. Je pousse finalement 4 ou 5 fois et j’entends la SF me dire « ne poussez plus ne poussez plus » Et alors je sais que c’est fini. Papa me dit les yeux mouillĂ©s « je vois la tĂȘte » Puis on me fait attraper bĂ©bĂ©, je le pose sur ma poitrine, et ce qu’on dit est vrai : on oublie tout. instantanĂ©ment. Il est 18h20, mon fils du haut de ses 50,5cm et 3,360kg voit le jour.

Un séjour à la maternité bienveillant, grùce au personnel

On essayait de limiter à 1 ou 2 personnes/familles différentes par jour

Nous sommes restĂ©s 5 jours Ă  la maternitĂ© (montĂ©e de lait tardive
) J’ai accouchĂ© le samedi soir et sommes partis le jeudi matin. Les visites n’étaient pas autorisĂ©es pour cause de covid. Papa est restĂ© du dĂ©but Ă  la fin, et dormait dans la chambre. Nous Ă©tions donc dans notre bulle durant quelques jours et c’était gĂ©nial.

Une fois Ă  la maison par contre ça a Ă©tĂ© le dĂ©filĂ© pendant 2 semaines et j’ai trouvĂ© ça Ă©puisant. Amis et famille ce sont succĂ©dĂ©. On essayait de limiter Ă  1 ou 2 personnes/familles diffĂ©rentes par jour car c’était aussi fatiguant pour nous que pour bĂ©bĂ©. Nous avons principalement eu des cadeaux de la liste de naissance, des habits et des doudous. Une amie nous a offert des cours pour apprendre Ă  masser bĂ©bĂ© on a trouvĂ© ça super ! Les arriĂšres grands mĂšres avaient Ă  coeur de tricoter des chaussons et gilets
 trĂšs mignon mais franchement nous les avons juste mis pour la photo
 ça ira dans la boite Ă  souvenir


faut dire qu’on change la couche un nombre incalculable de fois

Nous n’avions pas d’apprĂ©hension particuliĂšre. Comme pour tout le reste nous avons voulu y aller « au feeling » sans partir avec trop d’apriori. Au dĂ©but nous Ă©tions un peu lents pour les changes et on se prenait des coups de chaud quand bĂ©bĂ© nous faisait comprendre que nous Ă©tions trop longs. Mais les gestes viennent vite et naturellement (faut dire qu’on change la couche un nombre incalculable de fois) Le personnel Ă©tait top. Il a toujours rĂ©pondu Ă  nos interrogations et s’est voulu efficace et bienveillant. Je voulais vraiment allaiter, cela me paraissait naturel et papa est d’accord avec ça. Nous avons Ă©tĂ© super suivis car ma montĂ©e de lait a tardĂ© Ă  venir et a Ă©tĂ© plutĂŽt progressive que soudaine. Il a fallu complĂ©menter bĂ©bĂ© au DAL, j’ai tirĂ© mon lait
 Les conseillĂšres en lactation passaient plusieurs fois par jour. Nous avons reçu plein de conseils et nous sommes sentis soutenus. D’ailleurs on nous a gardĂ© Ă  la maternitĂ© tant que bĂ©bĂ© ne prenait pas du poids avec mon lait seul.

L’aprùs accouchement, ce fameux post-partum dont on parle peu

On est sous l’effet euphorique de l’adrĂ©naline, dans le monde des bisounours

Autant on nous prĂ©pare Ă  fond Ă  l’accouchement, autant une fois sortie de la maternitĂ© on est lĂąchĂ© dans la nature. Je n’avais pas beaucoup plus prĂ©parĂ© le retour Ă  la maison que l’accouchement. Nous avions un peu bouquinĂ© notamment sur le dĂ©veloppement psychomoteur du nourrisson (mon bĂ©bĂ© mois par mois du Dr Coquart) les mĂ©thodes d’apprentissage Montessori (« 60 activitĂ©s Montessori pour mon bĂ©bĂ© » « montessori a la maison je passe Ă  l’acte » et la DME (« le grand livre de la DME »)
 Surtout pour pouvoir proposer Ă  bĂ©bĂ© des activitĂ©s / stimulations en corrĂ©lation avec son Ăąge, et avoir plus ou moins une idĂ©e de son Ă©volution. Je n’ai pas regardĂ© de vidĂ©o ou Ă©coutĂ© de tĂ©moignages. Toujours notre crĂ©do « au feeling » !

Nous sommes sortis le jeudi, nous avons vu la SF le vendredi matin (au cabinet pour des questions d’organisation) puis Ă  nouveau le lundi car bĂ©bĂ© n’avait pas pris de poids au lendemain de la sortie. Nous n’avions pas de questions particuliĂšres mais savions qu’elle Ă©tait une oreille attentive et de bon conseil si besoin. Nous l’avons revu, surtout pour vĂ©rifier le poids une semaine plus tard car la visite pĂ©diatre Ă©tait programmĂ©e 2 semaines aprĂšs. Finalement le premier mois n’est pas le plus difficile (pour nous en tout cas). BĂ©bĂ© mange et dort principalement. On est sous l’effet euphorique de l’adrĂ©naline, dans le monde des bisounours, avec l’impression que ce n’est vraiment pas si dur.

j’ai un peu senti le creux de la vague vers la 6Ăšme semaine de bĂ©bĂ©

Sans parler de babyblues, j’ai un peu senti le creux de la vague vers la 6Ăšme semaine de bĂ©bĂ©. Papa a repris le boulot, je me retrouve seule avec bĂ©bĂ© de 6h45 Ă  19h15
 La fatigue s’installe car allaiter est trĂšs chronophage. BĂ©bĂ© rĂ©clame toutes les 2h nuits et jour (Ă  6 semaines on est plutĂŽt sur 2h30 le jour et 3h30 la nuit).

On a l’impression qu’on ne fait que ça de la journĂ©e : tĂ©tĂ©e, change, dodo (sur maman principalement la journĂ©e) D’autant que nous avons participĂ© Ă  un atelier sur le portage, qui a fini de nous convaincre qu’un bĂ©bĂ© a BESOIN d’ĂȘtre portĂ© (comme les bĂ©bĂ©s singes) et d’ĂȘtre collĂ© Ă  sa mĂšre. C’est la thĂ©orie de l’attachement. Et le dĂ©tachement en sera d’autant plus facilitĂ© au moment venu. Mais ça personne ne nous en parle.

C’est lĂ  que j’ai commencĂ© Ă  vraiment me renseigner car des milliers de questions se bousculaient dans ma tĂȘte (en mĂȘme temps, pas grand-chose Ă  faire de la journĂ©e) : articles sur internet (sites parents, leche league, naitre et grandir, mpedia, paroles de maman, magic maman, porter son enfant
), comptes instagram (bĂ©bĂ© au calme, Omum, happybaby_consultante, Bulle de maman, la vie d’une maman ortho, madame captain
) et j’ai appris plein de choses qu’on devrait apprendre aux parents : un bĂ©bĂ© avant 3 mois minimum a juste besoin de ses parents, manger Ă  la demande, ĂȘtre rassurĂ©, portĂ©, cajolĂ© Ă  longueur de journĂ©e.

Et oui c’est franchement Ă©puisant mais il n’y a qu’à voir sa tĂȘte quand il s’endort sur nous, c’est le paradis. Puis honnĂȘtement c’est le kiff autant pour lui que pour nous. On ne nous parle pas non plus des pleurs de dĂ©charge le soir qui sont aussi normaux et physiologiques qu’inconsolables. Nous avons un bĂ©bĂ© cool qui pleure grand max 30 min et se calme rapidement au sein (du coup frustrant pour papa) Mais je peux comprendre que certains parents soient dĂ©semparĂ©s et Ă©puisĂ©s face Ă  un nourrisson qui hurle durant des heures. On devrait briefer les parents et les soutenir. Personne ne nous parle non plus des pics de croissance qui surviennent Ă  plus ou moins 3 semaines, 6 semaines, 3 mois
 oĂč bĂ©bĂ© a besoin de tĂ©ter et d’ĂȘtre en contact +++.

on se sent bien seul au monde une fois Ă  la maison

Je trouve qu’on a aucune information en amont. On avait pris le parti de ne pas se renseigner avant, parce qu’on ne s’imaginait pas toutes les questions que la parentalitĂ© pourrait engendrer. On est sans cesse en train de se demander si on fait bien, si tout est normal, si on ne s’engage pas dans une mauvaise voie. Je me suis Ă©normĂ©ment interrogĂ©e sur le rythme de sommeil de bĂ©bĂ©. PassĂ© 1 mois il devient curieux, et je me suis rendue compte que si je ne l’accompagne pas pour s’endormir dĂšs que je repĂšre des signes de sommeil, il resterait Ă©veillĂ© toute la journĂ©e


Pareil pour l’allaitement, on te dit « a la demande »  Maintenant j’arrive a voir si bĂ©bĂ© rĂ©clame par faim ou juste par confort pour trouver le sommeil (au quel cas je lui propose la sucette) mais si je ne m’étais pas interrogĂ©e, il serait pendu Ă  mon sein H24

Bref tout ça pour dire qu’on se sent bien seul au monde une fois Ă  la maison, et qu’ĂȘtre parent ce n’est pas si innĂ© que ça. Je n’ai pas ressenti d’épuisement intense. Un peu fatiguĂ©e des nuits hachurĂ©es mais c’est gĂ©rable. Etant infirmiĂšre (jour et nuit) je pense que mon corps est habituĂ© Ă  un rythme tout pourri ! J’ai commencĂ© la rĂ©Ă©ducation du pĂ©rinĂ©e avec ma SF Ă  la 7eme semaine de bĂ©bĂ©. Je ne savais pas qu’il y avait diffĂ©rentes mĂ©thodes. Je ne devrais pas avoir besoin de beaucoup de sĂ©ances.

Il nous fallait une nounou trĂšs disponible et comprĂ©hensive car on a besoin d’une grande amplitude horaire

Nous avons rapidement trouvĂ© un mode de garde presque par miracle au cours de la grossesse. Il faut dire que le tableau n’est pas simple. Papa et moi travaillons dans le mĂ©dical on fait tous les deux 7h-19h ou 19h-7h (ou 10h-22h pour papa) du lundi au dimanche selon un roulement pas franchement rĂ©gulier, avec un planning donnĂ© 15 jours avant le dĂ©but du mois
 Donc dĂ©jĂ , Ă©limination d’office des crĂšches par rapport aux horaires d’ouverture. Il nous fallait une nounou trĂšs disponible et comprĂ©hensive car on a besoin d’une grande amplitude horaire avec des jours de garde qui changent d’une semaine Ă  l’autre, et un petit contrat (genre 16h/semaine)
 Par hasard en discutant avec nos voisins dont elle est infirmiĂšre et lui pompier ils nous ont dit qu’ils avaient une super nounou dont ils libĂ©raient la place en septembre ! Juste parfait car c’est le moment oĂč je reprends ! On l’a rencontrĂ©, le feeling est passĂ© et nous voilĂ  avec une Ă©pine de moins dans le pied


Je n’apprĂ©hende pas la sĂ©paration, je sais que bĂ©bĂ© sera entre de bonnes mains et on aura 2 semaines d’adaptation progressive. Ce qui m’inquiĂšte pour l’instant c’est qu’il n’ait pas trouvĂ© de rythme d’ici lĂ , et qu’il ait encore autant besoin de contact pour s’endormir
 Affaire Ă  suivre dans l’étĂ©. Pour l’instant je n’ai pas hĂąte de reprendre, mais je pense qu’en septembre ce sera le bon moment pour me dĂ©tacher un peu de bĂ©bĂ© et revoir les collĂšgues. Sachant que je vais reprendre Ă  80 %, en travaillant en 12h ça veut dire 10 jours travaillĂ©s dans le mois, ce qui est trĂšs confortable.

Merci Alexia pour ton expĂ©rience, tu es prĂ©cieuse, prend soin d’Elio et de toi <3