Alexia & Elio : contrecoup et fatigue 6 semaines après l'accouchement

Alexia & Elio : contrecoup et fatigue 6 semaines après l'accouchement

Alexia est la maman d’Elio, son premier enfant. Confiante, elle se prépare assez simplement à un accouchement physiologique. La naissance d’Elio devient compliqué lorsque son petit coeur fait des siennes. Il faut alors accélérer et laisser de côté quelques souhaits. Mais bébé est là, en bonne santé, c’est tout ce qui compte. Alexia expérimente l’allaitement, les visites à domicile et vit son post-partum, un post-partum qui ne semble pas si difficile le premier mois. La fatigue et la reprise du travail par le papa rend pourtant moins simple les journées des jeunes mamans : tétée, change, dodo… Alexia raconte en toute transparence sa maternité. Bonne lecture…


Qui es-tu ?

Ton prénom : Alexia
Ton âge actuel : 30 ans
Le prénom de ton enfant : Elio
L’âge de ton enfant : 3 mois

Se sentir confiante et tomber enceinte naturellement et rapidement

Je sentais au fond de moi que c’était maintenant et j’étais confiante

Je suis tombée très rapidement enceinte de façon naturelle, dès que j’ai enlevé mon stérilet au cuivre que j’avais depuis 7 ans. Je l’ai enlevé le 16 juillet et je suis tombée enceinte le 22 juillet environ ! La gynéco m’avait en effet prescrit dès le retrait du stérilet de l’acide folique que j’ai pris pendant plusieurs mois. Je n’étais pas franchement inquiète. Après 15 ans de relation avec papa, nous étions plus que prêts. Je sentais au fond de moi que c’était maintenant et j’étais confiante.

J’avais peu de doute car avec le stérilet je sentais déjà l’ovulation

J’ai fait un test de grossesse dès le 1er jour de retard de règle. J’avais peu de doute car avec le stérilet je sentais déjà l’ovulation, et cette fois ci j’ai senti quelque chose de différent (fécondation??) Mon coeur s’est mis à battre à 100 à l’heure, les larmes me sont montées aux yeux et j’avais une boule dans la gorge. Je suis allée acheter un deuxième test pour confirmer le résultat. Papa était au travail, je suis restée toute la journée sans pouvoir faire exploser ma joie. Je lui avais préparé un petit carton avec plein de confettis et au milieu un petit sachet avec une graine de sésame et un mot « papa, je ne suis pas plus grand que cette graine de sésame mais je t’aime déjà » Quand il est rentré je lui ai dit qu’il avait reçu un colis. Larmes et calins au programme.

Pour nos familles nous avions prévu différentes façon de l’annoncer : jeux à gratter pour mes beaux parents, bouteille étiquetée « domaine des neufs mois, cuvée cigogne… » pour mon père, livre « futurs grands parents » pour ma mère, porte clef « et si je t’appelais tata » pour ma sœur, des cartes postales pour les arrières grands parents.

Pour nos amis nous avions ramassé de jolis morceaux d’ardoise durant nos randonnées dans les Alpes (vacances fin août) Nous avions collé un aimant et écrit « bébé est en route » . Nous leur avons offert le magnet en leur disant que c’était un souvenir de vacances.

Dans mon travail c’est assez particulier car je suis infirmière en service d’hématologie et je manipule des chimios toute la journée… Proscrites dès que l’on est enceinte ou allaitante bien sur. J’ai donc été obligée de le dire très très tôt (dès que j’ai eu le résultat du test) Deux ou trois collègues étaient donc au courant, afin qu’elles puissent manipuler les chimios à ma place en toute discrétion. Après l’écho du 1er trimestre j’ai envoyé un message avec la photo sur le groupe messenger de l’équipe. Tout le monde était très content. Il faut dire qu’on est une équipe de 20 infirmières d’une trentaine d’année et les grossesses s’enchainent. On est tous très compréhensifs et arrangeants.

Vivre une grossesse de rêve sans maux ni imprévus

J’ai pris lentement mais sûrement 20kg je pense

J’ai eu une grossesse de rêve ! Aucun maux… tout juste barbouillée le premier mois (mais on ne peut pas parler de nausées, je n’ai jamais sauté un repas…) Jamais de reflux, de constipation, de maux de dos, d’oedème, de douleur quelconque, de saute d’humeur, d’insomnie. Quelques fois j’ai remarqué que j’étais un peu plus à fleur de peau que d’habitude, mais pas de là à pleurer ou criser pour rien. J’ai continué à faire du sport jusqu’au terme (fitness adapté, yoga, pilate, marche +++). J’ai pris lentement mais sûrement 20kg je pense (j’ai arrête de me peser à 17kg!) mais j’avais de la marge (imc à 18 en début de grossesse) Papa a gardé son poids de base

J’ai été un peu dégoûtée du café en début de grossesse

Je n’ai pas eu d’envies particulières. J’ai été un peu dégoûtée du café en début de grossesse, alors que j’étais accro, donc j’en ai peu bu. J’ai bien fait attention aux aliments proscrits (lait cru, charcuteries, alcool, œufs peu cuits…) ainsi qu’a bien laver mes crudités car non immunisée contre la toxo

J’ai arrêté de mettre quoique ce soit sur le teint

J’utilise déjà des cosmétiques très basiques / bio / made in France… J’ai essayé d’utiliser le moins de produits possibles : eau micellaire pour le démaquillage, savon d’alep pour nettoyer le visage, crème de jour bio à base de miel, baume solide bio pour la nuit. Savon de marseille pour le corps et beurre de karité ou crème hydratante bio. Shampooing liquide bio. J’ai arrêté de mettre quoique ce soit sur le teint, et les produits contenant de huiles essentielles.

m’ont permis de cheminer dans mon projet d’accouchement physio

J’ai fait les 7 cours de préparation à l’accouchement « classiques ». Papa n’a pas pu m’accompagner à cause du covid. Etant dans le milieu médical, je n’ai pas appris grand-chose, mais j’ai noté quelques infos sur la chronologie de l’accouchement et quand partir à la mater. Les séances m’ont quand même conforté dans l’idée que nous sommes faites pour mettre au monde un enfant, et m’ont permis de cheminer dans mon projet d’accouchement physio. J’ai rajouté 2 séances de sophrologie avec ma SF, mais le jour elles ne m’ont pas vraiment servies ! J’ai fait du sport toute ma grossesse : minimum 45 min de marche / jour + 1 séance de fitness ou yoga ou pilate. Je n’ai pas voulu trop me renseigner sur l’accouchement, je voulais découvrir par moi même et ne pas partir avec des idées préconçues. J’ai du regarder 2 ou 3 vidéos sur l’accouchement sans péridurale (la maison des maternelles notamment) mais c’est tout. J’étais convaincue que je ferais surtout au feeling, pas trop besoin de théorie.

Le dernier mois j’ai pris 2 ou 3 tisanes de feuilles de framboisiers / jour, j’ai massé mon périnée avec l’huile Weleda et une amie m’avait donné un mélange d’homéopathie que lui avait conseillé sa SF pour préparer le col.

Un accouchement physiologique sans préparation intense, c’est possible

Papa a préparé les affaires, géré la garde du chien et nourri le chat

Le travail n’a pas vraiment commencé à la maison. J’ai perdu les eaux vers 3h du matin. Je m’attendais à une quantité bien plus importante de liquide donc je ne savais pas trop si la poche était rompue ou fissurée. J’avais quelques contractions tous les quart d’heure environ, mais dont la douleur était tout à fait supportable. Papa a préparé les affaires, géré la garde du chien et nourri le chat pendant que je prenais une douche chaude. J’ai continué à perdre du liquide pendant et après la douche, mais pas une rivière comme on peut le voir dans les films ! J’ai fait un peu de ballon en attendant que Papa checke tout et nous sommes partis à la maternité vers 4h15. On était plus excités que stressés, l’accouchement en lui même ne nous a jamais vraiment inquiété (Papa est aussi dans le milieu médical, je sais qu’il aurait géré un accouchement inopiné)

elle me dit que je risque d’avoir encore plus mal (vraiment?)

Nous sommes arrivés à la maternité vers 4h30 (l’avantage à cette heure ci c’est que ça roule bien!). Nous nous sommes garés devant les urgences. La secrétaire nous a accueilli, fait les formalités administratives et un aide soignant est venu nous chercher pour nous installés dans un box maternité. Une sage femme est venue m’auscultée, m’a confirmé que j’avais rompu la poche mais que j’étais dilatée à 1. Elle m’a monitorée pendant une bonne demie heure. Bébé allait bien, j’avais des contractions toutes les 20 min… L’infirmière nous a annoncée, gênée, qu’il ne restait que des chambres doubles, et qu’elle devait donc nous faire un test PCR, en avant donc pour un coton tige dans le nez à 5h du mat. Vers 7h, pas d’évolution, col à 1 et peu de contractions. On nous a apporté des couvertures pour dormir un peu et même un petit dej vers 9h. L’activité de la maternité le permettant, nous avons été autorisés à rester dans le box jusqu’à ce qu’une chambre simple se libère. Nous avons eu l’autorisation de vadrouiller. Nous voilà donc partis en ville, dans un parc, aux halles. Nous avons marché presque 2h et pris un (autre) petit déjeuner au soleil. Retour au box vers midi, on me sert un repas. Je suis dilatée à 2 et je me dis que ça va prendre une semaine ! Je passe tout mon temps à marcher et rebondir sur le ballon.

Vers 14h on nous annonce qu’il y a une chambre pour nous ! Nous prenons nos quartiers. Le temps que Papa aille chercher les valises à la voiture, le « vrai » travail a commencé d’un coup. J’avais des contractions de plus en plus douloureuses et rapprochées (toutes les 3 minutes). La sage femme vient me voir : dilatée à 4 ! Elle me conseille une douche chaude sur le ballon. Papa et moi testons les positions apprises en prépa, mais bon, c’est bien ce qu’il me semblait, on va surtout faire au feeling. Je me mets dans ma bulle, je prends de grandes inspirations à chaque contraction et j’entends la voix de Papa qui me « coache » Je suis somnolente entre chaque contractions avec une irrésistible envie de dormir. On nous transfère rapidement en salle d’accouchement. La salle nature que j’avais demandé est malheureusement occupée. Nous sommes donc dans une salle classique, froide et médicalisée. Mais pas trop le temps d’y réfléchir. Les contractions sont très intenses et j’ai l’impression de ne pas avoir de répits. Je suis sur mon ballon, la SF me branche le monito mais dans cette position les sangles ne tiennent pas bien et on arrive pas a avoir un tracé correct. Je suis dilatée à 7 et elle me dit que je risque d’avoir encore plus mal (vraiment?). Elle me demande de monter sur la table et place correctement le monito. Allongée sur le dos, Papa à la tête du lit, je trouve finalement une position qui me convient en tractant ses bras à chaque contraction. Il m’a dit après coup que j’avais une force décuplée !

Il arrive en mode « cowboy », shoote dans le ballon, et me dit « alors, à l’ancienne ?! »

Bébé va bien mais a tendance à bradycarder à chaque contraction. Il « récupère » bien mais il ne faudrait pas que le travail dure trop longtemps… D’un coup, une irrépressible envie de pousser. Papa appelle la sage femme, il me dit d’essayer d’attendre mais j’ai trop envie. Vite vite installation du champs, des instruments, je me mets en position gynéco (j’avais dit que je verrais sur le coup pour la position, mais pas en état de réfléchir) Je suis à dilatation complète mais bébé est encore haut. Pourtant il commence à souffrir un peu. La SF fait venir le gynéco pour avoir son avis, car elle dit qu’elle me sent capable de pousser bien que bébé ne soit pas complètement engagé. Il arrive en mode « cowboy », shoote dans le ballon, et me dit « alors, à l’ancienne ?! » Je lui aurait bien fait mangé les étriers ! Bref, il donne son feu vert et je pousse de toute la force dont je suis capable. Papa est à ma droite, l’aide soignante à ma gauche, la SF et la gynéco entre mes cuisses. Tous m’encourage, j’ai l’impression d’être une sportive avec ses supporters ! Même le gynéco s’est radoucit et me dit que je fais un travail génial car à chaque poussée bébé descend beaucoup. Je sais qu’il est en train de souffrir, j’entends son coeur qui ralenti sur le scope derrière moi et il ne faut pas trainer. A ce moment je ne pense qu’à lui. La douleur est atroce, j’ai l’impression qu’on m’ouvre le corps en deux avec un couteau, mais peu importe, il doit sortir et vite. Je pousse finalement 4 ou 5 fois et j’entends la SF me dire « ne poussez plus ne poussez plus » Et alors je sais que c’est fini. Papa me dit les yeux mouillés « je vois la tête » Puis on me fait attraper bébé, je le pose sur ma poitrine, et ce qu’on dit est vrai : on oublie tout. instantanément. Il est 18h20, mon fils du haut de ses 50,5cm et 3,360kg voit le jour.

Un séjour à la maternité bienveillant, grâce au personnel

On essayait de limiter à 1 ou 2 personnes/familles différentes par jour

Nous sommes restés 5 jours à la maternité (montée de lait tardive…) J’ai accouché le samedi soir et sommes partis le jeudi matin. Les visites n’étaient pas autorisées pour cause de covid. Papa est resté du début à la fin, et dormait dans la chambre. Nous étions donc dans notre bulle durant quelques jours et c’était génial.

Une fois à la maison par contre ça a été le défilé pendant 2 semaines et j’ai trouvé ça épuisant. Amis et famille ce sont succédé. On essayait de limiter à 1 ou 2 personnes/familles différentes par jour car c’était aussi fatiguant pour nous que pour bébé. Nous avons principalement eu des cadeaux de la liste de naissance, des habits et des doudous. Une amie nous a offert des cours pour apprendre à masser bébé on a trouvé ça super ! Les arrières grands mères avaient à coeur de tricoter des chaussons et gilets… très mignon mais franchement nous les avons juste mis pour la photo… ça ira dans la boite à souvenir…

faut dire qu’on change la couche un nombre incalculable de fois

Nous n’avions pas d’appréhension particulière. Comme pour tout le reste nous avons voulu y aller « au feeling » sans partir avec trop d’apriori. Au début nous étions un peu lents pour les changes et on se prenait des coups de chaud quand bébé nous faisait comprendre que nous étions trop longs. Mais les gestes viennent vite et naturellement (faut dire qu’on change la couche un nombre incalculable de fois) Le personnel était top. Il a toujours répondu à nos interrogations et s’est voulu efficace et bienveillant. Je voulais vraiment allaiter, cela me paraissait naturel et papa est d’accord avec ça. Nous avons été super suivis car ma montée de lait a tardé à venir et a été plutôt progressive que soudaine. Il a fallu complémenter bébé au DAL, j’ai tiré mon lait… Les conseillères en lactation passaient plusieurs fois par jour. Nous avons reçu plein de conseils et nous sommes sentis soutenus. D’ailleurs on nous a gardé à la maternité tant que bébé ne prenait pas du poids avec mon lait seul.

L’après accouchement, ce fameux post-partum dont on parle peu

On est sous l’effet euphorique de l’adrénaline, dans le monde des bisounours

Autant on nous prépare à fond à l’accouchement, autant une fois sortie de la maternité on est lâché dans la nature. Je n’avais pas beaucoup plus préparé le retour à la maison que l’accouchement. Nous avions un peu bouquiné notamment sur le développement psychomoteur du nourrisson (mon bébé mois par mois du Dr Coquart) les méthodes d’apprentissage Montessori (« 60 activités Montessori pour mon bébé » « montessori a la maison je passe à l’acte » et la DME (« le grand livre de la DME »)… Surtout pour pouvoir proposer à bébé des activités / stimulations en corrélation avec son âge, et avoir plus ou moins une idée de son évolution. Je n’ai pas regardé de vidéo ou écouté de témoignages. Toujours notre crédo « au feeling » !

Nous sommes sortis le jeudi, nous avons vu la SF le vendredi matin (au cabinet pour des questions d’organisation) puis à nouveau le lundi car bébé n’avait pas pris de poids au lendemain de la sortie. Nous n’avions pas de questions particulières mais savions qu’elle était une oreille attentive et de bon conseil si besoin. Nous l’avons revu, surtout pour vérifier le poids une semaine plus tard car la visite pédiatre était programmée 2 semaines après. Finalement le premier mois n’est pas le plus difficile (pour nous en tout cas). Bébé mange et dort principalement. On est sous l’effet euphorique de l’adrénaline, dans le monde des bisounours, avec l’impression que ce n’est vraiment pas si dur.

j’ai un peu senti le creux de la vague vers la 6ème semaine de bébé

Sans parler de babyblues, j’ai un peu senti le creux de la vague vers la 6ème semaine de bébé. Papa a repris le boulot, je me retrouve seule avec bébé de 6h45 à 19h15… La fatigue s’installe car allaiter est très chronophage. Bébé réclame toutes les 2h nuits et jour (à 6 semaines on est plutôt sur 2h30 le jour et 3h30 la nuit).

On a l’impression qu’on ne fait que ça de la journée : tétée, change, dodo (sur maman principalement la journée) D’autant que nous avons participé à un atelier sur le portage, qui a fini de nous convaincre qu’un bébé a BESOIN d’être porté (comme les bébés singes) et d’être collé à sa mère. C’est la théorie de l’attachement. Et le détachement en sera d’autant plus facilité au moment venu. Mais ça personne ne nous en parle.

C’est là que j’ai commencé à vraiment me renseigner car des milliers de questions se bousculaient dans ma tête (en même temps, pas grand-chose à faire de la journée) : articles sur internet (sites parents, leche league, naitre et grandir, mpedia, paroles de maman, magic maman, porter son enfant…), comptes instagram (bébé au calme, Omum, happybaby_consultante, Bulle de maman, la vie d’une maman ortho, madame captain…) et j’ai appris plein de choses qu’on devrait apprendre aux parents : un bébé avant 3 mois minimum a juste besoin de ses parents, manger à la demande, être rassuré, porté, cajolé à longueur de journée.

Et oui c’est franchement épuisant mais il n’y a qu’à voir sa tête quand il s’endort sur nous, c’est le paradis. Puis honnêtement c’est le kiff autant pour lui que pour nous. On ne nous parle pas non plus des pleurs de décharge le soir qui sont aussi normaux et physiologiques qu’inconsolables. Nous avons un bébé cool qui pleure grand max 30 min et se calme rapidement au sein (du coup frustrant pour papa) Mais je peux comprendre que certains parents soient désemparés et épuisés face à un nourrisson qui hurle durant des heures. On devrait briefer les parents et les soutenir. Personne ne nous parle non plus des pics de croissance qui surviennent à plus ou moins 3 semaines, 6 semaines, 3 mois… où bébé a besoin de téter et d’être en contact +++.

on se sent bien seul au monde une fois Ă  la maison

Je trouve qu’on a aucune information en amont. On avait pris le parti de ne pas se renseigner avant, parce qu’on ne s’imaginait pas toutes les questions que la parentalité pourrait engendrer. On est sans cesse en train de se demander si on fait bien, si tout est normal, si on ne s’engage pas dans une mauvaise voie. Je me suis énormément interrogée sur le rythme de sommeil de bébé. Passé 1 mois il devient curieux, et je me suis rendue compte que si je ne l’accompagne pas pour s’endormir dès que je repère des signes de sommeil, il resterait éveillé toute la journée…

Pareil pour l’allaitement, on te dit « a la demande »… Maintenant j’arrive a voir si bébé réclame par faim ou juste par confort pour trouver le sommeil (au quel cas je lui propose la sucette) mais si je ne m’étais pas interrogée, il serait pendu à mon sein H24

Bref tout ça pour dire qu’on se sent bien seul au monde une fois à la maison, et qu’être parent ce n’est pas si inné que ça. Je n’ai pas ressenti d’épuisement intense. Un peu fatiguée des nuits hachurées mais c’est gérable. Etant infirmière (jour et nuit) je pense que mon corps est habitué à un rythme tout pourri ! J’ai commencé la rééducation du périnée avec ma SF à la 7eme semaine de bébé. Je ne savais pas qu’il y avait différentes méthodes. Je ne devrais pas avoir besoin de beaucoup de séances.

Il nous fallait une nounou très disponible et compréhensive car on a besoin d’une grande amplitude horaire

Nous avons rapidement trouvé un mode de garde presque par miracle au cours de la grossesse. Il faut dire que le tableau n’est pas simple. Papa et moi travaillons dans le médical on fait tous les deux 7h-19h ou 19h-7h (ou 10h-22h pour papa) du lundi au dimanche selon un roulement pas franchement régulier, avec un planning donné 15 jours avant le début du mois… Donc déjà, élimination d’office des crèches par rapport aux horaires d’ouverture. Il nous fallait une nounou très disponible et compréhensive car on a besoin d’une grande amplitude horaire avec des jours de garde qui changent d’une semaine à l’autre, et un petit contrat (genre 16h/semaine)… Par hasard en discutant avec nos voisins dont elle est infirmière et lui pompier ils nous ont dit qu’ils avaient une super nounou dont ils libéraient la place en septembre ! Juste parfait car c’est le moment où je reprends ! On l’a rencontré, le feeling est passé et nous voilà avec une épine de moins dans le pied…

Je n’appréhende pas la séparation, je sais que bébé sera entre de bonnes mains et on aura 2 semaines d’adaptation progressive. Ce qui m’inquiète pour l’instant c’est qu’il n’ait pas trouvé de rythme d’ici là, et qu’il ait encore autant besoin de contact pour s’endormir… Affaire à suivre dans l’été. Pour l’instant je n’ai pas hâte de reprendre, mais je pense qu’en septembre ce sera le bon moment pour me détacher un peu de bébé et revoir les collègues. Sachant que je vais reprendre à 80 %, en travaillant en 12h ça veut dire 10 jours travaillés dans le mois, ce qui est très confortable.

Merci Alexia pour ton expérience, tu es précieuse, prend soin d’Elio et de toi <3