Diabète gestationnel : symptômes, dépistage et prise en charge pendant la grossesse
Le diabète gestationnel touche aujourd’hui près d’une grossesse sur six en France, contre environ 8 % il y a dix ans. Si votre sage-femme ou votre gynécologue vous en a parlé, ou si vous venez d’être diagnostiquée, pas de panique : dans l’immense majorité des cas, il se gère très bien avec un peu d’accompagnement et disparaît après l’accouchement. Bulle de maman fait le point sur ce qu’est vraiment le diabète gestationnel, ses symptômes, comment il est dépisté et comment le vivre sereinement au quotidien.
Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel (ou diabète de grossesse) est un trouble de la tolérance au glucose qui apparaît pendant la grossesse et qui, dans la grande majorité des cas, disparaît après l’accouchement. Concrètement, votre organisme régule moins bien le taux de sucre dans le sang : c’est ce qu’on appelle une hyperglycémie.
Cela s’explique par la grossesse elle-même : dès le 2ᵉ trimestre, le placenta produit des hormones qui rendent votre corps naturellement plus résistant à l’insuline. Chez la plupart des femmes, le pancréas compense en produisant plus d’insuline. Quand il n’y arrive pas complètement, le taux de sucre dans le sang augmente : c’est le diabète gestationnel.
Bonne nouvelle : si vous êtes suivie par un professionnel de santé et que vous appliquez les recommandations, il n’y a aucune raison que cela pèse sur votre grossesse.
Quels sont les symptômes du diabète gestationnel ?
C’est l’un des pièges de ce diabète : il est le plus souvent asymptomatique. C’est pour cette raison que le dépistage systématique ou ciblé est si important, un dosage sanguin restant le seul moyen fiable de le détecter.
Quand des symptômes existent, on retrouve principalement :
une soif inhabituelle et intense
des envies fréquentes et abondantes d’uriner
une fatigue plus marquée que d’habitude
parfois des maux de tête
Comme ces signes ressemblent beaucoup à ceux d’une grossesse "classique", ils passent souvent inaperçus. D’où l’intérêt du dépistage, même en l’absence de symptôme.
Quels sont les facteurs de risque ?
Le dépistage est recommandé en présence d’au moins un de ces facteurs de risque :
un âge de 35 ans ou plus
un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 25 kg/m² avant la grossesse
des antécédents familiaux de diabète (type 1 ou 2)
un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse
un précédent bébé né avec un poids supérieur à 4 kg (macrosomie)
Si vous cumulez un ou plusieurs de ces facteurs, une glycémie à jeun est en général prescrite dès le premier trimestre, en plus du test réalisé au 2ᵉ trimestre pour toutes les femmes enceintes concernées.
Comment se déroule le dépistage ? Le test HGPO
Le dépistage du diabète gestationnel se fait via l’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO), réalisée entre la 24ᵉ et la 28ᵉ semaine d’aménorrhée [4] :
une première prise de sang à jeun
l’ingestion d’une solution contenant 75 g de glucose
une deuxième prise de sang 1 heure après
une troisième prise de sang 2 heures après
Le diabète gestationnel est diagnostiqué dès qu’une seule des trois valeurs dépasse le seuil fixé : 0,92 g/L à jeun, 1,80 g/L après 1h, ou 1,53 g/L après 2h [1] [4].
(Vous êtes convoquée pour ce test bientôt ? Direction notre article dédié Le test du glucose (HGPO) : pourquoi, quand et comment le passer sereinement pour tout savoir sur le déroulement et nos astuces pour bien le vivre.)
Quelles sont les conséquences pour vous et pour bébé ?
Correctement suivi, le diabète gestationnel n’est pas une fatalité. Non traité, il peut en revanche entraîner, pour bébé, un poids de naissance élevé (macrosomie) et un risque d’hypoglycémie à la naissance, le temps que son organisme s’adapte à l’absence de l’apport de sucre maternel.
Pour la maman, les risques identifiés sont une hypertension artérielle, un risque accru de césarienne, et un risque plus élevé de développer un diabète de type 2 dans les années suivant l’accouchement.
C’est précisément pour éviter ces complications qu’un suivi rapproché est mis en place dès le diagnostic.
Comment gérer le diabète gestationnel au quotidien ?
La prise en charge repose sur trois piliers, coordonnés par votre gynécologue ou votre diabétologue :
L’alimentation. Réduire les sucres rapides et les produits transformés, privilégier les aliments à index glycémique bas et fractionner les repas. Pas question pour autant de se priver de plaisir : découvrez nos 3 recettes de desserts à IG bas spécial diabète gestationnel, pensées par des diététiciennes-nutritionnistes.
L’activité physique douce. Marche quotidienne, natation, aquagym : 20 à 30 minutes par jour suffisent en général à améliorer la sensibilité à l’insuline.
L’autosurveillance glycémique. Votre diabétologue vous indiquera la fréquence des contrôles (glycémie capillaire au bout du doigt), en général entre 4 et 6 fois par jour.
Si ces mesures ne suffisent pas, un traitement à l’insuline peut être prescrit : cela ne signifie absolument pas que vous avez "mal géré" votre diabète, simplement que votre corps a besoin d’un coup de pouce supplémentaire.
Peut-on prévenir le diabète gestationnel ?
On ne peut pas l’éviter à 100 %, mais certaines habitudes en amont et pendant la grossesse en réduisent le risque : une alimentation équilibrée limitant les sucres rapides, une activité physique régulière et adaptée, et un sommeil suffisant, le manque de sommeil étant lui aussi associé à une moins bonne régulation de la glycémie.
FAQ — Vos questions sur le diabète gestationnel
Le diabète gestationnel est-il dangereux ?
Bien suivi par un professionnel de santé, le diabète gestationnel n'est pas dangereux. Les risques pour la maman et le bébé apparaissent surtout en l'absence de dépistage ou de suivi.
Le diabète gestationnel disparaît-il après l'accouchement ?
Oui, dans l'immense majorité des cas, la glycémie revient à la normale juste après la naissance de bébé. Un contrôle est généralement proposé quelques semaines à quelques mois après l'accouchement pour le confirmer.
Peut-on accoucher par voie basse avec un diabète gestationnel ?
Oui, un diabète gestationnel bien équilibré ne contre-indique pas un accouchement par voie basse. Le risque de césarienne est simplement un peu plus élevé statistiquement, notamment en cas de macrosomie fœtale.
Le diabète gestationnel revient-il lors d'une prochaine grossesse ?
Le risque est effectivement plus élevé lors d'une grossesse ultérieure si vous en avez déjà eu un, c'est d'ailleurs l'un des facteurs de risque pris en compte pour le dépistage précoce.
Quels aliments éviter en cas de diabète gestationnel ?
Les produits très sucrés et transformés sont à limiter, sans pour autant se priver : des recettes à index glycémique bas permettent de se faire plaisir en toute sérénité.