Maureen & Æmilia : récit d'un accouchement physiologique - Partie 1

Maureen & Æmilia : récit d'un accouchement physiologique - Partie 1

Maureen a mis au monde Æmilia il y a 2 ans et pourtant ses souvenirs sont intacts. De la grossesse à l’accouchement, Maureen nous livre de délicieux détails qui redonnent confiance en un accouchement serein. Comment se connecter à son corps ? Comment ne pas accepter l’image médicalisée de la femme qui donne vie ? Maureen vous livre son expérience incroyable et si intéressante ! Bonne lecture…


Qui es-tu ?

Prénom : Maureen
Age actuel : 31 ans
Prénom de mon enfant : Æmilia
Age actuel : 2 ans

Une fausse couche précoce ou non, c’est douloureux

Du fait de ce désir viscéral d’abriter la vie

Je suis tombée enceinte juste après le retrait de mon stérilet. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que cela se fasse aussi vite. Ce petit bonheur fut de courte durée, puisque 3 jours plus tard, je perdais mon bébé. Sur les conseils de ma gynécologue, nous avons attendu mon retour de couche avant de nous lancer à nouveau. Si cela m’a paru long, du fait de ce désir viscéral d’abriter la vie, il n’aura fallu que 4 mois après ma fausse-couche pour que je sois de nouveau enceinte.

J’avais envie de le crier au monde entier !

Je me souviens que je scrutais avec impatience le moindre signe. Pour ma 1ère grossesse, j’avais ressenti une forte tension dans la poitrine un soir, chose qui ne m’était jamais arrivée même lors de mon cycle. J’ai pressenti que j’étais de nouveau enceinte alors que j’étais au travail. Ce jour-là je suis allée pas moins de 9 fois faire pipi … Comme je le dis parfois, je suis une pisseuse, mais à cette cadence c’était sûr je devais avoir de l’aide … comme une petite graine amarrée dans mon utérus, qui venait chambouler tout mon fonctionnement interne par exemple. J’ai attendu d’avoir du retard, soit quelques (interminables) jours, avant d’effectuer un test de grossesse. 

C’était un samedi matin, très tôt. Le test a viré positif tellement vite, je n’en revenais pas ! Je suis tout de suite allée chez ma gynéco, en prenant garde de ne pas réveiller mon chéri. Elle m’a reçu entre 2 patientes, m’a examiné et m’a confirmé que j’étais enceinte. Très précautionneuse, au vu de ma fausse couche, elle m’a prescrit une prise de sang pour contrôler l’augmentation de mon taux de Bêta-HCG (qui indique l’évolution d’une grossesse). 

Je suis vite rentrée chez moi pour annoncer cette merveilleuse nouvelle à mon compagnon. Celui-ci dormait toujours. Je me suis donc faufilée dans la chambre, j’ai glissé un paquet à côté de son oreiller et l’ai doucement réveillé. Il a su rien qu’en sentant le paquet, qui renfermait un tee-shirt avec inscrit « Papa au rhum » (oui c’est un grand amateur !). 

J’avais envie de le crier au monde entier !

Pendant plusieurs jours j’ai scruté la moindre tâche de sang, de peur de vivre une autre fausse couche. Puis un matin, j’ai décidé de vivre pleinement mon bonheur et de ne pas aller chercher ce que je ne voulais pas voir se produire. A partir de ce moment, j’ai vécu une grossesse des plus merveilleuses.

J’étais enceinte d’un mois et demi lorsque nous avons décidé d’annoncer la nouvelle à nos famille (je n’y tenais plus à vrai dire, j’avais besoin de le dire à mes parents de qui je suis très proche !). 

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Notre bébé va avoir un bébé ! 

Pour mes parents, j’avais préparé un petit coffret avec au fond la photo de mon écho, un doudou lapin et une lettre du futur bébé leur demandant de prendre soin de son compagnon le temps de son arrivé. Bizarrement, mon père a réagi avant ma mère qui était totalement scotchée ! Ils sont restés interdit quelques instants puis fou de bonheur « Notre bébé va avoir un bébé ! » . Pour mes grands-parents maternels, de qui je suis très proche, j’avais pris un bouquet de fleurs avec des petits chaussons piqués au centre pour ma grand-mère, et un jeu à gratter personnalisé pour mon grand-père (qui adore ça). Ils étaient tous les deux émus, et j’ai appris que mon grand-père le savait déjà (il l’avait senti, tout comme il avait senti pour ma fausse-couche, et savait le sexe de mon bébé lorsque j’ai eu mon écho de datation). Si j’ai annoncé seule ma grossesse à ma famille (plus d’un point de vue organisationnel, à vrai dire, nous ne nous sommes pas posé la question), nous avons fait l’annonce à mes beaux-parents ensemble, au cours d’un diner. Mon beau-père étant amateur de vin, nous avions pris une bonne bouteille où j’avais collé une étiquette personnalisée avec noté « Château la Cigogne ». A peine avait-elle aperçu l’étiquette que ma belle-mère a dit « T’es enceinte ?! ». Bien que plus mesurés et pudiques que ma famille, eux aussi étaient très contents de cette annonce (mon compagnon a 3 frères ainés et il y a déjà deux petits-enfants ; pour ma part, je suis fille unique).

A mon petit groupe de meilleures amies, je leur ai annoncé lors d’un petit goûter entre filles. Elles ont tout de suite deviné et ont tout voulu savoir. A tous nos amis, ce fut lors de la fête d’anniversaire de mon compagnon, alors que j’étais à 3 mois de grossesse. Je portais un tee-shirt de grossesse avec un dessin assez explicite pour l’occasion.

Un souffle précieux dans ce deuil que nous vivions

Nous avions projeté d’aller annoncer la nouvelle à ma famille proche en province lors d’un week-end. Mais cela n’a pu se faire car ma tante, très malade depuis des années, nous a quitté avant que je ne puisse le lui dire. Ce fut un véritable déchirement de n’avoir pu partager cela avec elle avant qu’elle ne nous quitte. Ma mère le lui a soufflé sur son lit d’hôpital alors qu’elle était en réanimation, elle savait que son temps était compté. C’est comme ça que mes deux cousines l’ont appris. Ma tante était comme une seconde maman. Elle s’appelait Emilie. D’où le prénom de ma fille, Æmilia (le choix ne fut pas immédiat mais c’était une telle évidence lors qu’il m’est venu en tête et mon compagnon partageait ce sentiment). C’est lors de notre venue pour les obsèques que j’ai annoncé à ma filleule (la fille de ma cousine la plus âgée, qui est par ailleurs ma marraine) qu’elle allait devenir marraine. Je lui avais fait faire un petit marque page personnalisé, elle qui dévore les livres. Ce fut un moment plein d’émotions. D’un côté nous perdions une personne inestimable, et de l’autre nous allions accueillir un petit bout de vie tout aussi inestimable. Ce petit bout à venir nous a donné un souffle précieux dans ce deuil que nous vivions.

Pour le parrain, j’avais fait faire un petit porte-clef. Pour mes beaux-frères et belles-sœurs, je crois que nous avons dû l’annoncer à un diner, mais là mes souvenir sont flous. C’était important pour moi de pouvoir l’annoncer à chacun avec un petit geste particulier qui venait ponctuer cette nouvelle si importante. J’ai toujours plaisir à chercher et préparer ce genre de petites attentions. Mon compagnon s’est laissé guidé mais j’ai à chaque fois pris soin de lui montrer ce que je préparais, parce qu’il était important qu’il puisse être impliqué … Si je portais ce bébé, nous étions deux à l’avoir désiré et créé. 

Pour le travail, mes souvenirs sont flous aussi. Je l’ai rapidement annoncé à ma directrice qui était au courant de ma fausse-couche, ainsi qu’à une collègue qui m’a épaulé lorsque j’ai découvert que je perdais mon premier bébé. Mais dans l’ensemble, tout le monde s’est réjoui à l’annonce de ma grossesse.

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Une grossesse de rêve… ou presque !

Tout était à sa place, j’étais en harmonie avec mon corps et mon esprit

Mise à part mon envie très présente de faire pipi les 1ers jours, et une micro-crise de remontées acides un soir en fin de grossesse, je peux dire que j’ai passé une grossesse de rêve ! Etant danseuse et professeure de danse orientale, j’ai donné mes cours jusqu’à deux semaines avant mon accouchement. D’ailleurs, à la toute fin, je sentais parfois ma sciatique qui tirait un peu si je ne dansais pas. Je ne me suis jamais sentie aussi épanouie et bien dans ma peau que lors de cette période de ma vie… Moi qui suis plutôt du genre stressé, j’étais devenue tellement sereine et zen. J’avais cette intime conviction que tout était à sa place, j’étais en harmonie avec mon corps et mon esprit. 

J’avais un peu peur pour la prise de poids, mais celle-ci a été des plus raisonnables, puisque je n’ai pris que 9kg, et ces derniers étaient surtout bien stockés dans mon ventre rond comme un ballon ! (bon, et un peu dans mes cuisses, je l’avoue, mais le ventre prenant toute la place, le reste m’était difficile à voir !)

Nous n’avons observé aucune couvade du côté du papa, aucun changement physique apparent.

Au tout début, les 2 premières semaines, j’avais une envie … de malbouffe, de choses plutôt bien riches. Cette envie est assez vite passée et je n’ai observé aucun changement particulier dans mon alimentation par la suite. Etant non fumeuse, ne consommant pas du tout d’alcool, très peu de charcuterie, il n’y a que pour le fromage où j’ai veillé à respecter les recommandations (en rapport avec le lait cru), mais cela s’est fait assez facilement et sans soucis. J’arrivais à être à l’écoute de mes envies, tout en mangeant de façon équilibrée.

Je me suis orientée très progressivement vers des produits plus sains

Si j’avais eu une petite prise de conscience avant ma grossesse, c’est pendant cette période que j’ai vraiment commencé à faire attention aux produits que j’utilisais. Je me suis orientée très progressivement vers des produits plus sains (bio et naturel) pour moi, mais j’ai surtout veillé à acheter des produits dit « clean » pour mon bébé. Je me suis informée en amont sur un groupe Facebook « Objectif Bébé Bio » afin de connaitre ce qui était le plus recommandé et choisir en connaissance de cause, que ce soit pour les couches, le savon pour le bain, le liniment pour le change. Et j’ai continué par la suite à affiner mes recherches en ce qui concerne les vitamines pour bébé (vitamine D), les crèmes pour le change ou pour le corps en cas de peau atopique (ma fille ayant fait un peu d’eczéma plus petite).

Il y a presque 2 ans, une de mes belles sœurs m’a offert à Noël des produits bio, naturels tels que savon et shampoing solides. Depuis je n’utilise que ce type de produits et suis même passé au déodorant et dentifrice solides (afin de réduire notamment les déchets).

Merci à la grossesse et la belle-sœur pour ce petit coup de pouce !

La préparation à l’accouchement, c’est tout au long de la grossesse !

Un franc parlé, de l’humour, des anecdotes, le tout confortablement installé sur un matelas

Une amie m’avait parlé de la sage-femme libérale qui l’avait suivi pour sa première grossesse, car elle était sûre que ça pourrait matcher avec elle … Et elle ne s’était pas trompée. Une professionnelle bienveillante, douce, de l’empathie à revendre. J’ai donc opté pour un suivi sage-femme en plus du suivi avec ma gynécologue de ville, chez qui j’effectuais une visite par mois et les 3 échographies officielles auxquelles a assisté mon compagnon.

Baptiste était présent lors du premier rendez-vous avec la sage-femme. Elle nous a parlé de l’alimentation, du fonctionnement du cerveau et des modifications qu’il rencontre lors de la grossesse. Nous n’étions pas perdus puisqu’à vrai dire, ayant des problèmes de thyroïde je me retrouvais déjà bien dans ce fonctionnement, nous en avons bien ri d’ailleurs.

Elle proposait des cours de préparation à l’accouchement classiques ainsi que des ateliers de sophrologie. J’ai souhaité opter pour les deux. Baptiste, mon compagnon, ne pouvait malheureusement pas être présent pour tous les cours de préparation classiques du fait de ses horaires de travail. Mais il a réussi à s’arranger pour pouvoir être présent pour ceux que nous pensions le plus pertinent, afin qu’il puisse avoir lui aussi certaines informations, comme pour les différents types d’accouchement, les choses un peu plus techniques. 

Les cours de préparation classique étaient très intéressants, pleins d’informations diverses et variés, et ce qui me plaisait surtout c’était la façon dont la sage-femme animait ces séances : un franc parlé, de l’humour, des anecdotes, le tout confortablement installé sur un matelas et pleins de coussins en tout petit groupe restreint. Pour la sophro, nous avons fait pas mal de visualisation, de relaxation. Assez réceptive, je me suis volontiers laissé guider dans ces exercices. Comme j’étais très sereine et confiante, les outils proposés étaient totalement en phase avec mon état d’esprit et j’ai pu me les approprier, en les réajustant à ma personnalité ou mes envies au besoin.

Je préciserais que ma propre naissance a été traumatique

Je dirais néanmoins que ce qui m’a le mieux guidé lors de ma grossesse a été la lecture d’ouvrages qui m’ont totalement conforté dans mon projet de naissance et la confiance que j’avais en mon corps à enfanter. Je préciserais que ma propre naissance a été traumatique. Ma mère ne m’a jamais caché le déroulement de son accouchement car pour elle cet évènement fait partie intégrante de ma vie, de mon histoire. Cela n’a jamais été un tabou, elle m’en a toujours parlé le cœur ouvert, et je lui en suis infiniment reconnaissante car grâce à elle j’ai pu prendre le contrepied et réparer le vécu de ma venue au monde en donnant naissance de façon respectueuse. Elle a subi ce que l’on appelle des violences obstétricales. Elle s’est vue contraintes de prendre la péridurale (par chantage, menaces) dont la pose a été un véritable cauchemar. Elle en garde aujourd’hui encore des séquelles physiques et psychiques.

J’ai pris conscience de ce que ma mère avait vécu, de cette image très médicalisée que véhicule la société, les émissions télé, les séries, les médias, la vision de la femme qui se doit d’être guidée par le corps médical pour mettre un enfant au monde, qui se fait accoucher, … Je voulais tout simplement autre chose pour ma fille, pour moi, pour ma famille. Cette image n’était absolument pas en phase avec mes ressentis, mes désirs, mes besoins. Les trois livres qui ont contribué à mon éveil et à assoir ma vision de la naissance ont été « Accoucher par soi-même » (de Laura Kaplan Shanley), « Le guide de la naissance naturelle » (de Ina May Gaskin) et « L’enfantement : entre puissance, violence et jouissance » (de Hélène Goninet). Trois livres qui m’ont fait comprendre que cette certitude viscérale et cette confiance en mon corps que je ressentais étaient ce qu’il y avait de plus juste pour moi et qu’il me fallait les écouter et me laisser bercer par ces ressentis archaïques et profonds. 

Comme par exemple employer le mot vague Ă  la place du mot contraction

J’ai également rencontré une belle âme. Amandine, professeur de yoga et doula (ce que je n’avais pas saisi au départ, car je ne connaissais pas encore ce métier) en Bretagne proposait un séminaire d’une semaine autour de la grossesse et de la naissance respectueuse. N’ayant pas assez de congés, je l’ai contacté pour savoir si elle proposait des séances individuelles et si nous pouvions la rencontrer lors d’un week-end en Bretagne. C’est ainsi qu’avec mon compagnon nous l’avons rencontré. J’ai pu faire un atelier de yoga prénatal et une séance de préparation à la naissance plaisir. Cette rencontre a consolidé mes certitudes et j’ai également conscientisé mon vocabulaire. En effet, étant dans une démarche de déconstruction de ma vision de la naissance et de conditionnement positif, il était important de pouvoir adapter aussi mes mots pour que cela puisse avoir une juste résonnance. Comme par exemple employer le mot vague à la place du mot contraction, ou employer des affirmation positive plutôt que des pensées négative (« Je ne veux pas d’épisio » = « je suis le juste moule pour mon bébé »).

Je me suis saisi des outils qu’Amandine m’avait transmis à travers le yoga et la séance de préparation de façon quotidienne. Tous les matins, je pratiquais quelques postures de yoga et tous les soirs, dans mon lit avant de m’endormir, je faisais des visualisations. Je visualisais mon bébé, mon utérus rempli de ma fille et de son placenta, mon col de l’utérus, ma respiration et le lien entre mon cœur et mon bébé, et je lui envoyé pleins de pensées positives. Je lui disais que le jour qu’elle aurait choisi pour naître elle descendrait dans mon bassin, puis se faufilerait dans mon canal de naissance, que mon col s’ouvrirait comme une fleur qui éclot pour la laisser passer, que mon vagin serait le juste moule pour elle.

Lors de notre rencontre, Amandine a également pu montrer les points de pression à Baptiste pour le jour de l’accouchement afin de m’apporter un soutien lors des vagues.

Que ce serait véritablement à lui de venir créer, construire, chercher sa place auprès de son bébé

En ce qui concerne le post partum, étant Educatrice de Jeunes Enfants de métier, j’avais un bagage professionnel et des connaissances qui m’ont permis d’échanger longuement avec mon compagnon pour l’informer et discuter de la place du père, la création du lien, la dyade mère-enfant, en l’invitant à être acteur dans sa paternité et lui transmettre qu’une fois en scène je serais maman avant toute chose, et dans l’action. J’ai voulu lui transmettre qu’il ne me serait pas toujours possible de prendre du recul, de l’inviter à entrer dans cette dyade, que ce serait véritablement à lui de venir créer, construire, chercher sa place auprès de son bébé et de ne jamais hésiter à le faire, à demander, à questionner. Ces échanges étaient pour moi essentiels, car ce processus de création de la vie et l’accueil d’un bébé peut être une chose totalement abstraite pour une homme. Il vit des chamboulements psychiques et biologiques mais vit l’arrivée de ce bébé au travers du corps de sa partenaire.

Il m’a regardé avec un petit sourire entendu en lâchant un « oui »

J’étais très impatiente de connaître le sexe du bébé ! Plus jeune, mon envie se portait plutôt sur un garçon. Puis quand j’ai rencontré Baptiste, ma préférence s’est inversée. Il faut dire que la dernière naissance d’une fille dans sa famille dans la lignée paternelle remonte à sa tante en 1960. Et puis, depuis toute petite j’avais cette image de transmission de mère en fille, depuis mon arrière-grand-mère maternelle. Il y avait quelque chose de l’ordre de la continuité, de la logique, du symbolique. Baptiste, lui, avait une petite préférence pour un garçon, car un garçon c’était un peu moins l’inconnu.

Lors de l’échographie du premier trimestre, la gynéco avait une idée du sexe du bébé mais a préféré ne rien dévoiler et attendre le prochain rendez-vous pour être sure et confirmer son pronostic. En échangeant avec une de mes deux cousines de province, qui avait eu six enfants (cinq garçons et une fille), je lui ai envoyé la photo de l’échographie afin d’avoir son avis sur le sexe du bébé, au vu de sa « petite » expérience personnelle. De ce qu’elle observait du bourgeon génital et de son point de vu non professionnel, il lui semblait voir … une fille ! Bien sûr, nous savions toutes deux qu’elle n’était en aucun cas médecin, gynéco ou sage-femme et qu’il s’agissait de son avis propre basé sur son expérience, et bien que je ne voulais pas m’emballer, je sentais une certaine excitation montée en moi. Cette excitation a monté d’un cran lorsque, en échangeant avec mon grand-père, je lui fis part de cet échange avec ma cousine et de son avis sur le sexe du bébé. Il m’a regardé avec un petit sourire entendu en lâchant un « oui », après m’avoir dit qu’il savait. Il a ce don mon grand-père, de sentir les choses, et j’ai toute confiance en ses ressentis et ce don. Tout cela m’avait donné encore plus hâte d’avoir le pronostic de ma gynéco. Mon compagnon, lui, n’a pas voulu connaître le pronostic fait lors de ces échanges. Il souhaitait attendre la réponse de la gynéco, attendre d’avoir une réponse sûre, ce que je comprenais tout à fait et ai tenté de respecté au mieux. Mais c’est que cette petite boule de bébé se faisait désirer … Un coup c’était encore trop tôt pour la gynéco, une autre fois cette crevette n’était pas décidée à nous montrer le meilleur profil. Puis vint l’échographie de second trimestre et cette fois-ci, ce fut la bonne ! La gynécologue nous confirma à Baptiste et moi qu’il s’agissait d’une fille !


Quand la grossesse arrive sur sa fin…

Je suis allée me préparer une assiette de pâtes vers 1h du matin

Alors que j’étais à deux semaines de mon terme, un dimanche soir vers 21h30, j’ai commencé à sentir de légers tiraillements, comme lors de mon syndrome prémenstruel lorsque je sens mes ovaires travailler. A noter que nous avions bien marché en fin d’après-midi, et j’avais senti mon ventre assez lourd. Je me souviens que j’étais en train de peindre un cadre pour la chambre de notre fille. Cette sensation ne me quittant pas, j’ai fini par avoir la puce à l’oreille et j’ai envoyé un message à ma mère.  Elle était bien en peine de pouvoir me répondre quoi que ce soit car elle n’avait jamais ressenti de contractions pour moi. Ce soir-là, j’ai également échangé avec ma marraine (l’ainée de mes cousines de Normandie). Selon elle, au vu de ce que je lui décrivais, il y avait de fortes chances pour que le travail ait débuté. J’ai averti Baptiste qui venait de se coucher que je devais être en travail, et qu’il y avait de fortes chances pour qu’il n’aille pas au travail le lendemain matin ! La fin de soirée et le début de nuit promettait d’être palpitant … Je commençais à me sentir excitée, je me connectais à chaque sensation, chaque ressenti, chaque signe que mon corps m’envoyait. Ces tiraillements étaient désormais bien présents, avec un espacement assez aléatoire.

Il devait être 23h30 passé quand j’ai décidé de prendre une douche bien chaude. Je me suis dit que cela m’aiderait à vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un faux travail. De fait, ces tiraillements ont continué malgré l’eau chaude (et pour mon plus grand bonheur, puisque cela voulait dire que notre petite prunelle était en chemin !).

Tout en continuant à échanger des messages avec ma mère et ma marraine, je suis allée me préparer une assiette de pâtes vers 1h du matin, en pensant aux conseils de ma sage-femme qui nous avait dit de ne pas hésiter à prendre des forces avant de nous rendre à l’hôpital, au cas où nous n’aurions pas le temps ou l’occasion de le faire une fois sur place. J’ai mangé avec appétit, en savourant ces instants hors du temps qui n’appartenait qu’à moi, ces derniers instants en tête à tête avec mon bébé rien que pour moi. Après mon repas, j’ai tenté d’aller me reposer. J’ai comaté un petit moment, puis je me suis levée, je suis retournée dans le salon un petit moment, je suis repartie me coucher et j’ai comaté encore un petit moment. Entre temps, j’ai appelé la maternité pour leur décrire mes sensations, leur transmettre qu’un peu plus tôt en fin de soirée j’avais perdu ce que je pensais être le bouchon muqueux. Mon interlocutrice m’a posé quelques questions et m’a confirmé que j’étais très probablement en début de travail, mais qu’il était possible de patienter encore un peu avant de venir. Après avoir attendu un bon moment, avoir profité de la quiétude de mon lit à côté de mon compagnon endormi, je sentais que les tiraillements prenaient de l’ampleur … ou était-ce également mon impatience et mon excitation qui exacerbaient mes ressentis ?! J’ai fini par réveiller Baptiste vers 5h. Nous nous sommes préparés, très tranquillement. Une heure plus tard, nous prenions la valise et descendions à la voiture … Tout sourire, j’avais l’impression que nous partions en excursion ! On ressemblait plus à de futurs vacanciers qu’à de futurs parents !

Si les aventures de Maureen et Æmilia vous passionnent, découvrez la suite dans la deuxième partie de son témoignage !